Roots prolonge une première rencontre entre Pauline Bricout et Jaffna née autour du titre « Oslo », à partir d’une requête aussi simple qu’évocatrice — dessiner un homme, en écho discret au Petit Prince. De cette demande sont nés deux avatars stylisés de Bravin et Stan, réduits ici à leur plus simple expression graphique : un triangle bleu-violet et un cercle cramoisi, formes pures glissant sur des fonds tantôt roses pâles, tantôt noirs absolus. L’animation, résolument abstraite et minimaliste, transforme l’identité du duo en langage de signes — flèches, croix, éclats d’encre — qui répond directement aux variations rythmiques du morceau.

Les deux personnages entament chacun une traversée parallèle à travers des paysages oniriques en perpétuelle mutation : nuées de silhouettes identiques avançant en diagonale comme un seul organisme, structures filaires évoquant une architecture fantôme, montagnes anguleuses, jardins de ballons noirs suspendus à des tiges filiformes. La frontière entre nature, architecture et abstraction s’y dissout sans cesse, chaque décor se métamorphosant en un autre sans rupture franche, dans un même geste de collage continu. À plusieurs reprises, l’un des deux avatars de Roots se détache d’une rangée de figures identiques et anonymes — instant bref où l’individu s’extrait du conditionnement de la masse pour affirmer une liberté naissante, tension que la critique Émilie Rabenjamina, dans Beaux Arts, a identifiée comme le cœur même du travail de la réalisatrice.

Cette progression parallèle installe une attraction discrète mais croissante entre les deux trajectoires, jusqu’au final où elles convergent enfin. Le triangle et le cercle se percutent, leurs couleurs se mêlent, et de cette collision naît une forme unique, ni tout à fait l’un ni tout à fait l’autre — un être fusionné qui dégouline comme une matière encore instable, métaphore limpide de l’identité même de Jaffna, duo dont la force tient à la complémentarité de ses deux voix.

Le morceau, plus rythmé et marqué de percussions tribales, traduit une volonté du groupe d’élargir sa palette sonore ; le clip Roots lui répond par la marche continue des personnages et la transformation ininterrompue des décors, dans une synchronisation sensible entre image et son. Le blog The PlayGround y a vu l’accompagnement visuel idéal du morceau, un voyage à travers des situations surréalistes menant à la naissance d’un Jaffna allégorique. Réalisé par Pauline Bricout pour Enchanté Records, Roots affirme ainsi un univers où poésie visuelle, narration symbolique et énergie musicale se fondent en une même alchimie.

Roots extends an earlier collaboration between Pauline Bricout and Jaffna born around the track « Oslo, » sparked by a request as simple as it was evocative — draw me a man, a quiet echo of The Little Prince. From that prompt came two stylized avatars of Bravin and Stan, reduced here to their purest graphic form: a blue-violet triangle and a crimson circle, pure shapes gliding across backgrounds that shift between pale pink and absolute black. The animation, resolutely abstract and minimalist, turns the duo’s identity into a language of signs — arrows, crosses, bursts of ink — that responds directly to the track’s rhythmic shifts.

The two characters each embark on a parallel journey through dreamlike, constantly mutating landscapes: swarms of identical silhouettes advancing diagonally like a single organism, wireframe structures suggesting a ghost architecture, jagged mountains, gardens of black balloons hanging from thread-thin stems. The boundary between nature, architecture, and abstraction keeps dissolving, each setting morphing into the next without a clean break, in one continuous gesture of collage. Several times, one of the two avatars of Roots breaks away from a row of identical, anonymous figures — a brief moment where the individual pulls free from the conditioning of the mass to assert a nascent freedom, a tension that critic Émilie Rabenjamina, writing in Beaux Arts, identified as the very core of the director’s work.

This parallel progression builds a quiet but growing pull between the two paths, until they finally converge in the finale. The triangle and the circle collide, their colors blending, and from that collision a single shape is born, neither fully one nor fully the other — a fused being still dripping like an unstable substance, a clear metaphor for Jaffna’s own identity, a duo whose strength lies in the complementarity of its two voices.

The track itself, more driving and marked by tribal percussion, reflects the group’s wish to broaden its sonic palette; the clip Roots answers with the characters’ constant walking and the ceaseless transformation of the scenery, in a sensitive synchronization between image and sound. The blog The PlayGround described it as the ideal visual companion to the track, an emotional journey following two characters through surreal situations before they finally merge into an allegorical Jaffna. Directed by Pauline Bricout for Enchanté Records, Roots affirms a visual universe where poetic imagery, symbolic storytelling, and musical energy fuse into a single alchemy.

Le clip de Jaffna – Roots (2021) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 18 mai 2026. Il a été mis à jour le 13 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Pauline Bricout.