Le clip de Courcheval, « Labeur », est publié en novembre 2021.
Production : Courcheval
Direction : Pauline Bricout
Pour ce « Labeur », premier extrait du premier album de Courcheval, la réalisatrice Pauline Bricout a fait le choix audacieux d’adapter l’art du collage à l’univers vidéo, reflétant ainsi la démarche musicale de l’artiste qui mélange lui-même les genres et les influences. Elle a conçu un univers fascinant à l’image d’une entreprise titanesque, une mégastructure où chaque individu s’affaire mécaniquement à sa tâche assignée, pris dans l’engrenage d’un système qui le dépasse.
Bien qu’il s’agisse d’un sujet oppressant, complexe et profondément angoissant — l’asservissement au dogme du travail et à la machine productive —, le traitement visuel privilégie la poésie et la légèreté, à la manière d’un conte philosophique. Sans jamais édulcorer la dimension sombre et inquiétante du thème, la vidéo parvient à créer un équilibre délicat entre gravité et fantaisie. Elle se veut drôle, onirique et ludique, offrant une expérience visuelle riche en émotions contradictoires.
Le clip est ainsi truffé de références artistiques, cinématographiques et culturelles, parsemé de détails minutieux, tantôt loufoques, tantôt décalés, mais toujours intégrés avec une subtilité remarquable qui récompense l’œil attentif du spectateur. Chaque visionnage révèle de nouvelles trouvailles, de nouveaux clins d’œil. Décrit comme se situant « à la croisée du Petit Prince et des Gardiens de la Galaxie », ce collage d’images hétéroclites illustre à merveille cet univers surréaliste et poétique.
L’histoire débute un matin comme tous les autres. PR010, notre protagoniste numéroté, contemple l’univers à travers l’immense verrière de son poste de travail quand soudain, un écran holographique s’ouvre devant lui, brisant la monotonie de sa routine. Il y découvre alors une notification officielle des Ressources Humaines : « PR010, veuillez vous rendre au sommet de la galaxie. Vous suivrez les instructions sur place. En pièce jointe, une carte de la galaxie. »
PR010 est pris de vertige. A-t-il commis une faute ? Y a-t-il une restructuration imminente de l’univers ? Va-t-il être licencié, promu, ou simplement déplacé dans un autre secteur de cette immense machine cosmique ? Malgré ses interrogations et ses craintes, il n’a d’autre choix que de se lancer dans un long périple initiatique pour rejoindre la mystérieuse planète des Ressources Humaines, située au sommet de la galaxie.
Pour obtenir des réponses à ses questions angoissantes, notre protagoniste se lance dans un périple initiatique à travers les méandres de cette galaxie corporative. Son voyage le mènera de planète en planète, traversant des départements étranges et des zones administratives improbables, croisant d’autres employés aussi perdus que lui dans cette immensité bureaucratique. Chaque étape de son odyssée révèle l’absurdité d’un système où l’humain n’est plus qu’un rouage, un simple numéro dans une machine infinie. Entre émerveillement et inquiétude, PR010 avance vers son destin, guidé par cette mystérieuse convocation qui pourrait tout changer… ou rien du tout.
Paroles de Courcheval « Labeur »
J’empile les pales emplois
Je ploie mais ne casse pas
Asservi et servira
Dans mon dos ton monde d’emploi
J’esquive la douleur, prends mon âme, n’ai pas peur
Moi le gibier et toi le chasseur
Dur labeur, labeur mais pas l’argent du beurre
Ton manteau de mensonges est Chinois
Si c’est gratuit le produit c’est moi
Allez, j’en reprends quand même, juste un doigt
Tout est là, bien profond, dans l’baba
J’esquive la douleur, prends mon âme, n’ai pas peur
Moi le gibier et toi le chasseur
Dur labeur, labeur mais pas l’argent du beurre
Tais-toi !
J’esquive la douleur, prends mon âme, n’ai pas peur
Moi le gibier et toi le chasseur
Dur labeur, labeur mais pas l’argent du beurre
J’esquive la douleur, prends mon âme, n’ai pas peur
Moi le gibier et toi le chasseur
Dur labeur, labeur mais pas l’argent du beurre