Clips / Automatic City – Lament (2023)

Le clip de Automatic City, « Lament », est publié en mai 2023.
Production : Automatic City
Direction : Pauline Bricout

« Lament » est une ode enchanteresse où passé et présent s’unissent dans une danse sublime. Pauline Bricout, réalisatrice inspirée, a su tisser une toile rétro-moderne pour Automatic City, une œuvre poétique magistrale qui transcende les frontières temporelles. Son approche visuelle ne se contente pas de juxtaposer les époques : elle les fait dialoguer, créant des ponts inattendus entre l’archaïque et le contemporain, entre la nostalgie et l’avant-garde.

Tel un kaléidoscope magique, le collage éclectique de « Lament » fusionne les époques avec une liberté jubilatoire. Des animations aux teintes nostalgiques et fluorescentes entremêlent archives et images en 3D, créant un univers hybride où la technologie sert paradoxalement à raviver la chaleur de l’analogique. On y croise cyclistes et chevaux, balançoire et baleine, Mistinguett et cagettes… Cette énumération apparemment désordonnée révèle en réalité une logique onirique, celle des associations libres et des rencontres fortuites qui peuplent nos rêveries. Tout cela nous transporte dans un voyage fascinant au cœur de nos souvenirs, mais aussi dans les recoins oubliés d’une mémoire collective que nous ne savions pas posséder.

Comme un écho vibrant de l’âme de Mamie Perry et de sa complainte irrésistible, la chanson « Lament » revêt une métamorphose démoniaque et décadente grâce au génie d’Automatic City. Le groupe s’approprie ce standard pour le réinventer, y insufflant une tension sensuelle et une urgence moderne qui contrastent avec la douceur désuète de l’original. Portée par la voix d’Eric, elle devient la bande-son idéale pour les moments intimes, où corps et esprits se perdent dans une danse enivrante. Cette interprétation masculine transforme radicalement la perspective du morceau, ajoutant une dimension androgyne qui trouble les repères et enrichit les possibilités d’identification.

Pour tisser le patchwork bucolique de « Lament », chaleureux et foisonnant, Pauline Bricout a puisé dans les trésors visuels d’Europeana, cette banque d’images gorgée d’essence culturelle. Son geste artistique s’inscrit ainsi dans une démarche de réappropriation créative du patrimoine, démontrant que les archives ne sont pas des reliques inertes mais des matériaux vivants, prêts à nourrir de nouvelles formes d’expression. À l’ère numérique qui transforme le patrimoine, cette base de données joue un rôle essentiel, soutenant les créateurs et préservant notre héritage.

Elle démocratise l’accès à des milliers d’œuvres autrefois enfermées dans les institutions, permettant aux artistes du monde entier de dialoguer avec l’histoire de l’art européen. Cultivant le savoir, forgeant des outils et traçant des politiques, elle accompagne la transition vers les plateformes numériques, tout en célébrant la richesse de notre histoire. Cette mission va au-delà de la simple conservation : il s’agit de rendre le passé opérant dans le présent, de le faire résonner avec les préoccupations actuelles.

Paroles de Automatic City « Lament »