M.I.A. dévoile en 2012 le clip de « Bad Girls », titre porté par la chanteuse et productrice britannique Maya Arulpragasam, d’abord apparu sur sa mixtape Vicki Leekx avant de figurer sur l’album Matangi. Réalisé par Romain Gavras — déjà auteur du clip controversé de « Born Free » pour la même artiste — le film est tourné dans le désert d’Ouarzazate, au Maroc, et sorti début février 2012. Produit par Iconoclast, avec une image signée André Chemetoff, le clip a été salué par deux prix aux MTV Video Music Awards, celui de la meilleure réalisation et celui de la meilleure photographie.

L’univers visuel construit par Romain Gavras s’ouvre sur une étendue désertique et des façades de pisé couvertes d’inscriptions en arabe, cadre austère qui installe d’emblée un climat de tension. Des hommes en keffieh blanc se rassemblent en cortège, silhouettes disciplinées et menaçantes, tandis que des berlines de luxe — BMW, Alfa Romeo, Mercedes — se lancent dans des figures de drift et des cascades sur deux roues, ballet mécanique aussi spectaculaire que périlleux. Dans ce théâtre de poussière et de fumée noire, où brûlent des pneus et où surgit un cheval cabré, M.I.A. apparaît en rupture, drapée d’étoffes colorées et de bijoux dorés, puis vêtue d’une capuche jaune vif qui tranche avec les ocres du décor.

La chanteuse traverse le récit comme une figure d’autorité tranquille au milieu du chaos organisé : assise sur le capot d’une voiture, debout dans l’habitacle, ou finalement en équilibre sur la portière d’un véhicule roulant sur le flanc, bras écartés dans un geste de défi assumé. Cette image finale, devenue emblématique, résume l’esprit du morceau et de M.I.A. elle-même : une célébration frontale et ironique de l’audace féminine, portée par un titre qui emprunte au hip-hop ses codes bling-bling tout en les recontextualisant dans une imagerie moyen-orientale fantasmée. Le clip de « Bad Girls » a été présenté comme un geste de solidarité avec le mouvement des femmes réclamant le droit de conduire en Arabie saoudite, lecture que la mise en scène de Gavras — cascadeuses et pilotes filmées sans que leur genre soit jamais explicité à l’image — vient nourrir sans jamais l’asséner. Entre défilé tribal, run de tuning et poésie du danger, « Bad Girls » construit un onirisme brut où liberté et confinement se percutent à chaque plan.

In 2012, British singer and producer M.I.A. (Maya Arulpragasam) unveiled the video for « Bad Girls, » a track that first surfaced on her mixtape Vicki Leekx before appearing on the album Matangi. Directed by Romain Gavras — who had already helmed the controversial « Born Free » video for the same artist — the film was shot in the desert around Ouarzazate, Morocco, and released in early February 2012. Produced by Iconoclast, with cinematography by André Chemetoff, the video went on to win two MTV Video Music Awards, for Best Direction and Best Cinematography.

Romain Gavras’s visual world opens on a barren expanse and mud-brick walls scrawled with Arabic graffiti, a stark setting that immediately sets a tone of tension. Men in white keffiyehs gather in a disciplined, faintly menacing procession, while luxury sedans — BMWs, an Alfa Romeo, a Mercedes — launch into drifts and two-wheel stunts, a mechanical ballet as spectacular as it is dangerous. Amid this theatre of dust and black smoke, where tires burn and a horse rears up, M.I.A. cuts through the chaos draped in colorful fabrics and gold jewelry, then in a bright yellow hood that stands out against the ochre landscape.

The singer moves through the story as a figure of quiet authority within the orchestrated mayhem: perched on a car hood, standing inside a vehicle, and finally balancing on the door of a car tipped onto its side, arms outstretched in a gesture of open defiance. That closing image, now iconic, distills the spirit of both the song and M.I.A. herself — a brash, ironic celebration of female daring, carried by a track that borrows hip-hop’s bling-bling codes while resetting them within an imagined Middle Eastern imagery. The « Bad Girls » video was framed as a gesture of solidarity with the women’s-right-to-drive movement in Saudi Arabia, a reading Gavras’s staging supports without ever stating it outright, since the gender of the drifting drivers and stunt riders is never made explicit on screen. Somewhere between tribal procession, tuner-car run, and a poetry of danger, « Bad Girls » builds a raw, dreamlike world where freedom and confinement collide in every frame.

Le clip de M.I.A. – Bad Girls (2012) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 12 août 2026. Il a été mis à jour le 6 août 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .