Pour ce premier clip de This Is Shit, duo electroclash/electrorock, « Paraldéhyde » choisit la subjectivité totale : Pauline Bricout filme entièrement à la caméra FPV, plaçant le spectateur aux commandes d’un corps qui n’est jamais montré, comme s’il avançait lui-même dans un jeu vidéo dont il ignorerait les règles. Cette première personne, couplée à une aberration chromatique permanente et à des sautes de cadre saccadées, transforme chaque pas dans le décor en expérience presque physique de malaise.
Le parcours traverse un asile à l’abandon, manoir gothique aux fenêtres brisées que l’on approche de nuit à travers bois et brume avant d’en gravir le perron. À l’intérieur, l’œil croise des religieuses figées en rangs identiques, des visages qui fondent ou se craquellent comme des masques trop grands pour leur crâne, des corps frappés de soubresauts électriques qui trahissent leur fabrication artificielle. Des écrans de contrôle affichent des fiches patients glitchées, photos de visages pixellisés, dates et mentions médicales clignotantes — vestiges d’expériences que l’on devine glauques, menées par des praticiens aussi dérangés que ceux qu’ils prétendent soigner. Au détour d’un couloir, un symbole hexagonal violet revient sans cesse, comme gravé dans les murs : c’est la molécule même du paraldéhyde, trimère cyclique de l’acétaldéhyde, qui hante le décor en motif obsédant.
Plus loin, le clip bascule dans le noir et blanc et convoque une fête foraine fantôme, grande roue à l’arrêt sous une pleine lune démesurée, enseigne annonçant un « Paraldehyde Circus » où des silhouettes désarticulées se balancent comme des pantins de bois. Le morceau s’achève sur une série de vignettes vues à travers un viseur à jauge, mi-microscope mi-machine de contrôle : bocaux à spécimens, ossements, liquide luminescent — autant de traces d’un protocole chimique resté sans nom.
Introduit en 1882 par le médecin italien Vincenzo Cervello, le paraldéhyde fut en effet longtemps considéré comme l’un des sédatifs les plus sûrs des hôpitaux psychiatriques, employé contre l’insomnie, l’agitation, le delirium tremens ou l’épilepsie, avant que son usage ne décline dans les années 1960. C’est cette histoire pharmaceutique précise que le clip injecte dans son architecture visuelle, faisant du nom du morceau un protocole autant qu’un poison. Le résultat, salué par la presse spécialisée comme un concentré de noirceur paradoxalement fascinant, tient sa cohérence d’un geste simple : montrer la folie de l’intérieur, sans jamais en sortir.
For this first video by This Is Shit, an electroclash/electrorock duo, « Paraldehyde » opts for total subjectivity: Pauline Bricout shoots entirely on an FPV camera, putting the viewer at the controls of a body that is never shown, as though advancing through a video game whose rules remain unknown. This first-person view, combined with constant chromatic aberration and jagged frame jumps, turns every step through the setting into an almost physical experience of unease.
The journey crosses an abandoned asylum, a Gothic manor with broken windows approached by night through woods and fog before climbing its front steps. Inside, the eye meets nuns frozen in identical rows, faces that melt or crack like masks too large for their skulls, bodies struck by electric spasms betraying their artificial nature. Control screens display glitched patient files, pixelated face photos, flickering dates and medical notations — traces of experiments one senses are sordid, conducted by practitioners as deranged as those they claim to treat. Around a corridor, a purple hexagonal symbol keeps recurring, as though engraved into the walls: it is the paraldehyde molecule itself, the cyclic trimer of acetaldehyde, haunting the set as an obsessive motif.
Further on, the video shifts into black and white and conjures a ghost fairground, a stopped Ferris wheel under an oversized full moon, a sign announcing a « Paraldehyde Circus » where disjointed silhouettes sway like wooden puppets. The track closes on a series of vignettes seen through a gauge-marked viewfinder, half microscope, half control device: specimen jars, bones, glowing liquid — so many traces of a chemical protocol left unnamed.
Introduced in 1882 by the Italian physician Vincenzo Cervello, paraldehyde was indeed long considered one of the safest sedatives used in psychiatric hospitals, employed against insomnia, agitation, delirium tremens, and epilepsy, before its use declined in the 1960s. It is this precise pharmaceutical history that the video injects into its visual architecture, making the track’s name as much a protocol as a poison. The result, praised by specialized press as a paradoxically fascinating concentrate of darkness, holds its coherence through one simple gesture: showing madness from the inside, without ever stepping out of it.
Le clip de This Is Shit – Paraldéhyde (2020) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 19 mai 2026. Il a été mis à jour le 13 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Pauline Bricout.