Le clip de Davodka, « Cérébral », est publié en juillet 2021.
Featuring : Deadi
Direction : Htag Art
Production : Nid de Renard et Greenfinch
Attention clip de toute beauté, de lourdeur et de flow ! Un featuring entre Davodka et Deadi (« Cérébral » donc) c’est déjà en soi un cadeau. Mais ce joyau (non, n’ayons pas peur des mots) se révèle être dans un très bel écrin avec ce clip.
Pour l’ouverture de « Cérébral », les deux gaillards marchent dans une forêt (que l’on devine être celle de Fontainebleau), semblables à des Maîtres Jedi ou des philosophes devisant. Comme Deadi le rappelle d’ailleurs : bons individuellement, à deux, ils ont deux fois de quoi les Chuck Norriser. Oui on valide le verbe Chuck Norriser, signifiant grosso modo te rayer de la surface de la Terre de l’univers.
On notera de multiples références à l’univers deadiesque lors de son passage en solo. Pull à capuche Atari, verre de lait, souvenirs de la Nintendo 64 avec James Bond et Zelda, Game & Watch Donkey Kong… Et bien sûr le rap, old school, avec le magazine l’Affiche, les disques compacts. Côté Davodka, on retrouve ce flow de grand zinzin, cette aisance et toujours ces paroles aiguisées et affutées.
Dans « Cérébral », ils racontent bien sûr leur scolarité, de la cour de l’école maternelle au lycée, (où) c’était des profs qui (les) terrorisaient, bien évidemment. Et que pour décupler (leur) culture générale, il suffirait qu’on ait le droit de bédave dans les musées. Pas si faux que cela au fond, surtout lorsque les sens interdits n’ont plus aucun sens depuis que tous les interdits sont autorisés !
Promis on demande Davodka et Deadi aka Cérébral au prochain remaniement ministériel. Et n’oubliez pas d’aller tous vous faire enculer, mis à part le chat (sic) ! On est cérébral ou on ne l’est pas.
[ClaudeAI] Davodka – « Cérébral » feat. Deadi
Le couplet d’ouverture de Deadi pose immédiatement les termes du contrat : deux MC, un seul cerveau en surchauffe, et une façon bien à eux de naviguer entre la ruse et la flemme. Le « Nid de Renard » convoqué dès les premières lignes est une référence double — le renard rusé de la fable, mais aussi le label qui a mixé et masterisé le morceau, façon de signer le travail collectif avant même d’avoir commencé.
L’image du musée où il faudrait avoir le droit de bédaver pour décupler sa culture générale dit tout sur l’apprentissage à la deadiesque : autodidacte, de biais, loin des institutions qui terrorisent plutôt qu’elles n’élèvent. La séquence « ils nous niquent, on les baise, ils nous baisent, on les nique » tourne en boucle comme un moteur à combustion interne — énergie pure, logique circulaire, guerre d’usure avec les seules armes disponibles : les rimes et le kick.
Le refrain, porté conjointement par les deux MC, ancre le morceau dans sa thématique centrale. La solitude comme carburant intellectuel, les rimes comme outil de désincarcération — « scier les barreaux de ma prison cérébrale » est l’image pivot du titre, celle qui donne son sens à tout le reste. La scolarité évoquée n’est pas une nostalgie, c’est un traumatisme en commun, un fond partagé qui soude le duo autant qu’il explique leur rapport au monde. Et la conclusion qui revient en boucle — « à trop cogiter on s’y perd, à trop s’y perdre on s’y fait » — a la beauté simple et un peu fataliste des vérités qu’on finit par accepter.
Davodka prend le relais avec un couplet qui confirme pourquoi ce featuring fonctionne si bien : les deux MC se ressemblent dans leur façon de penser de travers, mais pas de la même façon. Là où Deadi est précis et chirurgical, Davodka est plus cosmique, plus déréglé. L’État réduit à un marionnettiste qui tire des câbles, la tête humaine comme passoire à informations, la mode comme norme imposée — c’est une critique sociale qui ne s’embarrasse pas de nuances mais qui sonne juste parce qu’elle sort du vécu.
L’image de Sylvain Durif — ce personnage de l’internet français convaincu d’être le Christ Cosmique parti combattre les reptiliens à bord des vaisseaux de la Vierge Marie — est utilisée sans ironie cruelle : Davodka se compare à lui non pas pour se moquer mais pour dire qu’il est lui aussi perché dans un monde qui n’appartient qu’à lui, isolé dans son appartement, entre voisins qui baisent et télé qui tourne, à refaire le monde avec des rimes. L’âme du gamin habitué au rosé du matin plutôt qu’à la rosée clôt le couplet avec une lucidité amère qui ne cherche pas la pitié.
Le troisième couplet de Deadi est une rafale de références pop culture enchaînées à toute vitesse — Ash, Snatch, Kakashi, Bart Simpson, Manatane — autant de façons de dire que sa rime frappe fort et de partout, qu’elle pioche dans vingt cultures simultanément sans jamais perdre le fil. Zack qui dit « arrache-toi de là », le Jekyll/Hyde en deux-trois lattes, et la conclusion emblématique — « allez tous vous faire enculer, mis à part le chat » — devenue depuis une signature à part entière dans l’univers deadiesque. Catégorique, définitif, et quelque part très tendre envers les félins.
Davodka conclut avec un quatrième couplet en roue libre totale, flow aérien, marche à la vodka jamais à l’essence, épidémie sonore dans les oreilles du premier venu. La référence à son propre morceau « Le Mur du Son » glissée en fin de couplet est une façon de boucler sa propre mythologie, de rappeler que ce qu’on entend ici s’inscrit dans une œuvre plus large. Deux MC dans une forêt, deux cerveaux en ébullition, un morceau qui tient toutes ses promesses : cérébral, oui, mais jamais au détriment du plaisir brut.
Paroles : Davodka – « Cérébral » feat. Deadi via Genius
Le clip de Davodka – Cérébral (2021) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 20 octobre 2025. Il a été mis à jour le 6 mars 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Davodka, Deadi, Greenfinch, Nid de Renard.