Le clip de Deadi, « Repeat », est publié en mars 2024.
Direction : Slob
Production : Fred Killah
Extrait de Deadi – « Enfin »

On ne le répètera jamais assez, mais Deadi en mode repeat, c’est quelque chose. Tous font que de lui répéter qu’il se répète trop ? Pas de souci — dans ce clip tourné dans (une représentation de) son appartement, Dylan prouve une bonne fois pour toutes que la répétition n’est pas un défaut, c’est une philosophie.

On découvre un Deadi à domicile, dans son élément, entouré de tout ce qui compose son quotidien et son identité. Ses consoles, ses mangas, l’intégrale de Dragon Ball Z soigneusement rangée sur l’étagère. Les séries de jeux Killzone et God of War côtoient un attachement assumé à Sega, sa mascotte Sonic et son pote Knuckles. Entre les stocks tampons de dentifrice Signal pour la blancheur des dents et les piles de cartouches accumulées, le décor parle pour lui : c’est l’appartement d’un mec qui revient toujours à ses fondamentaux, qui assume ses obsessions, et qui n’a aucune intention de changer. Le clip ne cherche pas à être spectaculaire. Il choisit l’intime, le familier, le répétitif — exactement comme le morceau.

En mode repeat 77 fois, et alors ?

« Repeat » est le deuxième extrait — après « Courave » — du deuxième album de Deadi, Enfin, sorti le 19 avril 2024 sous le label 386LAB. Et comme son titre l’indique sans la moindre ambiguïté, c’est un morceau hommage à l’une des signatures les plus reconnaissables du rappeur de Poissy : la répétition volontaire et méthodique d’un même mot, décliné sous toutes ses formes jusqu’à saturation complète.
Un exercice de style qu’il pratique depuis ses débuts et qu’on retrouve dans une liste de titres déjà bien fournie : « FDP », « Freestyle PDG », « J’hésite », « Avec des », « Simili », « Plus ou moins », « OD », « À la base ».

Autant de morceaux où la répétition n’est pas un accident ni une paresse d’écriture, mais un choix assumé, une mécanique de flow, un outil stylistique à part entière. Sauf que certains auditeurs, visiblement, ne l’entendent pas de cette oreille. Et c’est précisément ce reproche que Deadi retourne ici comme un gant. Résultat : 77 occurrences des mots « répète », « repeat » ou « répéter » sur l’ensemble du morceau. Une performance en soi, et surtout une réponse cinglante à ceux qui lui collaient le reproche aux basques.

Ce qui rend « Repeat » efficace, c’est que le concept tient sur la durée. Deadi ne fait pas juste une vanne d’intro et passe à autre chose — il construit un vrai argumentaire sur deux couplets et un pont, avec une logique interne implacable. Il se répète pour démontrer qu’il se répète, mais surtout pour pointer du doigt l’absurdité de ceux qui le lui reprochent en boucle. « Tous font que d’me répéter que j’me répète trop » — la phrase elle-même est piégée : en la prononçant, l’interlocuteur fait exactement ce qu’il reproche.

Le pont enfonce le clou avec un rire — « Genre, eux, ils s’répètent pas ? À nous répéter qu’ils font pas que d’se répéter pour la énième fois ? » — et l’outro laisse la parole à une voix off exaspérée : « J’veux pas l’dire, parce que j’l’ai déjà dit. » C’est du méta-rap, mais sans en faire trop. Ça reste ancré dans quelque chose de concret, de personnel, de vécu.

Enfin Repeat s’inscrit dans la continuité d’une carrière construite sans faire de bruit, loin des projecteurs du rap mainstream. Après Tout Va (2021) et Autrement (2023), Deadi confirme avec ce deuxième album qu’il a une voix — et une méthode. La répétition, chez lui, n’est pas un tic : c’est une marque de fabrique aussi délibérée que le choix de ses productions, signées ici Fred Killah.

« Repeat » en est la démonstration la plus directe, la plus drôle, et peut-être la plus définitive. Ceux qui n’avaient pas compris le truc ont maintenant 77 occasions de rattraper leur retard.

Le clip de Deadi – Repeat (2024) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 10 avril 2026. Il a été mis à jour le 10 avril 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Deadi.