Le clip de Euphonik, « Joker », est publié en novembre 2022.
Direction : Léonard Pêtre
Production : Trunxks
Extrait de Euphonik – Antidote

Bon, force est d’avouer qu’au départ, il y a longtemps, dans une contrée fort éloignée et fort lointaine… Enfin au début il y eu la découverte de Euphonik via le « super » groupe Soleil Noir, formé avec Dooz Kawa, Davodka et Swift Guad. Bête à manger du foin que nous sommes, Euphonik fut pris pour le producteur. Avant de l’écouter, de brancher notre cerveau et de comprendre notre méprise sur « Machine » en featuring avec le Swifton, second morceau de l’album « Antidote », dont ce « Joker » de toute beauté en est le numéro 6.

Un clip tourné dans un immeuble semblant abandonné, des acteurs jouant la la transformation et la transition entre la normalité et la folie, etre le désespoir et la rage… Une renaissance – ici insérer un jeu de mots sur Euphonik et Phoenix – ou plutôt une délivrance devant l’acceptation de soi par rapport aux autres.

Y avait personne à part elle qui me parlait, qui me parlait
Ma copine est folle elle s’appelle Queen Harley, Queen Harley
On n’est pas les même non on n’est pas les même
On n’est pas les même non on n’est pas les même
Je sais plus où j’en suis dans cette réalité
Plus proche de la folie que de la normalité
(…)
Je t’ai tant aimé j’en ai oublié de vivre
J’ai tout tenté mais rien a comblé le vide
Étrange comme le temps nous prend tout et s’enfuit
On devient fou comme un fou qui se fout bien des psys

[[Claudius « Joker »

Le clip de Joker, réalisé par Léonard Pétré et produit par Trunxks, s’inscrit dans une esthétique nocturne et urbaine qui prolonge visuellement l’imaginaire sombre des paroles. Le parti pris est celui du dépouillement : peu de décors, une palette chromatique dominée par les noirs et les bleus froids, une lumière souvent dure et contrastée qui sculpte les visages plutôt qu’elle ne les éclaire. Deux acteurs — Tristan Bertrand et Maxime Tibaudo — incarnent les personnages à l’écran, pendant qu’Euphonik assure sa présence de rappeur face caméra, entre performance et confidence.

La figure du Joker irrigue l’ensemble sans jamais se réduire à un simple déguisement. Ce n’est pas le personnage DC Comics que le clip convoque, mais une métaphore plus large : celle du marginal lucide, de celui qui voit le jeu social pour ce qu’il est et choisit d’en rire — ou d’en pleurer, les deux se confondant. Le maquillage et les codes visuels du clown apparaissent comme des marqueurs identitaires revendiqués, une façon de nommer l’écart entre soi et le monde ordinaire.

La structure de Joker suit la densité de l’unique couplet long qui constitue le morceau. Il n’y a pas de progression narrative au sens strict : le clip fonctionne par accumulation d’images et d’atmosphères, chaque séquence ajoutant une couche à un portrait intérieur plutôt qu’à une histoire externe. L’errance nocturne dans la ville, les regards caméra directs, les espaces vides et les lumières artificielles composent un environnement qui fait écho aux thèmes des paroles — l’isolement, la lucidité douloureuse sur la société, l’amour comme seule ancre dans un monde perçu comme bancal.

Le montage de Joker adopte un rythme qui épouse le flow d’Euphonik, rapide par endroits, suspendu ailleurs, notamment lors des passages plus introspectifs sur l’amour et le vide. La caméra de Léonard Pétré reste proche des corps, favorisant les plans serrés sur les expressions plutôt que les grandes compositions. C’est un clip qui choisit l’intensité sur le spectaculaire — ce qui colle à la ligne artistique d’un rappeur dont l’œuvre, depuis Soleil Noir jusqu’à Antidote, a toujours privilégié la profondeur à l’effet.

Le clip de Euphonik – Joker (2022) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 1 avril 2026. Il a été mis à jour le 9 avril 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .