Le clip Deuxième sexe de Euphonik s’ouvre sur un carton sobre, lettres blanches sur fond noir, qui pose le titre comme un manifeste avant que l’image ne s’allume. Apparaît alors un mur de cadres photo, instantanés d’enfance accrochés dans la pénombre d’un intérieur, comme une mémoire qu’on feuilllette. De ce prologue intime naît le fil du film : des portraits de femmes, saisis dans une lumière crépusculaire, grain dense et teintes désaturées, qui composent une galerie de visages et de corps en tension. La caméra, souvent à l’épaule, frôle les peaux, capte un regard à travers une porte entrebâillée, un œil seul cadré dans l’interstice du bois — motif récurrent du regard épié, de l’intimité surveillée.
Le récit de Deuxième sexe se déploie en fragments plutôt qu’en intrigue : chambres rougeoyantes, toits parisiens au petit matin, couloirs de métro, vestiaires carrelés, appartements haussmanniens aux moulures dorées. Les femmes y dansent, fument, s’effondrent sur un lit, se débattent, se figent ; les corps sont tantôt libres, tantôt entravés, pris dans des décors qui oscillent entre le luxe feutré et le confinement urbain. Une silhouette en blouse blanche traverse des bois nus comme une apparition, brouillant la frontière entre le réel et l’onirique. Le montage cultive la rupture de ton, alternant gros plans sensuels et plans larges désolés, fêtes nocturnes et solitudes glacées.
Toute l’esthétique repose sur ce contraste entre le désir et l’enfermement, la séduction et la fragilité. Les scènes de service domestique — une femme essuyant des assiettes dans une cuisine dorée — côtoient des images de vertige et de chute, têtes renversées, chevelures lancées dans le flou du mouvement. Le clip Deuxième sexe semble interroger les rôles assignés, le poids du regard porté sur le corps féminin, sans jamais verser dans la démonstration : il procède par sensations, par collages d’instants, laissant le sens affleurer entre les plans.
La dernière partie de Deuxième sexe glisse vers une lumière plus froide, fenêtres parisiennes baignées de gris, silhouettes esseulées face à la ville, avant un carton final invitant le spectateur à soutenir l’artiste. L’ensemble compose un objet visuel dense et mélancolique, où la beauté formelle épouse un trouble persistant. L’image prolonge le morceau comme une rêverie nocturne, faite de fulgurances et d’ombres, où chaque femme filmée semble à la fois icône et énigme.
The clip Deuxième sexe from Euphonik opens on a spare title card, white letters on black, setting the title down like a manifesto before the image lights up. There appears a wall of photo frames, snapshots of childhood hung in the half-light of an interior, like a memory being leafed through. From this intimate prologue the film’s thread is born: portraits of women, caught in a twilight light, dense grain and desaturated tones, composing a gallery of faces and bodies held in tension. The camera, often handheld, brushes against skin, catches a gaze through a door left ajar, a single eye framed in the gap of the wood — a recurring motif of the watched gaze, of surveilled intimacy.
The narrative for Deuxième sexe unfolds in fragments rather than as a plot: red-glowing bedrooms, Parisian rooftops at dawn, metro corridors, tiled locker rooms, Haussmann apartments with their gilded mouldings. The women dance there, smoke, collapse onto a bed, struggle, freeze; the bodies are at times free, at times bound, caught in settings that waver between hushed luxury and urban confinement. A figure in a white coat crosses bare woods like an apparition, blurring the line between the real and the oneiric. The editing cultivates abrupt shifts in tone, alternating sensual close-ups with desolate wide shots, nocturnal parties with frozen solitudes.
The whole aesthetic of Deuxième sexe rests on this contrast between desire and enclosure, seduction and fragility. Scenes of domestic service — a woman drying plates in a golden kitchen — sit alongside images of vertigo and falling, heads thrown back, hair flung into the blur of movement. The clip Deuxième sexe seems to question assigned roles, the weight of the gaze laid upon the female body, without ever tipping into demonstration: it proceeds through sensations, through collages of moments, letting meaning surface between the shots.
The final section slips toward a colder light, Parisian windows bathed in grey, lone silhouettes facing the city, before a closing card inviting the viewer to support the artist. The whole composes a dense, melancholic visual object, in which formal beauty marries a persistent unease. The image extends the track like a nocturnal reverie, made of flashes and shadows, where each filmed woman seems at once icon and enigma.
Le clip de Euphonik – Deuxième sexe (2019) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 7 juin 2026. Il a été mis à jour le 13 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Euphonik.