Le clip de Demi Portion, « La lettre », est publié en octobre 2019.
Featuring : Furax Barbarossa
Direction : Gaël Movie
Production : Sheemi & Tricks
Extrait de Demi Portion – La bonne école
Demi Portion et Furax Barbarossa dans la lettre ? C’est l’histoire… De la lettre oui, entre le rappeur originaire de Sète, et son homologue toulousain. Alors oui Rachid a eu quelques petites nouvelles grâce à deux trois toulousains, mais cette lettre sera l’occasion rêvée d’échanger leurs points de vues respectifs.
S’il s’inquiète de la situation économique, pour lui ça va même s’il perd son temps trop souvent à le gagner. Et le temps justement, c’est quelque part le plus précieux des trésors, avec sa plume. Comme le dit si justement Demi Portion dans la lettre donc, prendre son temps (mais) c’est une course contre la montre.
De l’autre côté, pour Furax Barbarossa, avoir des nouvelles et d’entendre Rachid est un plaisir : sa lettre est un point d’eau dans un désert de sable. Là aussi le temps passe, et il vient de faire deux fois vingt hier alors qu’il en avait seize à peine… Le temps qui file c’est aussi la mort qui s’approche. La mort qu’on est censé zapper lui il entend ses appels.
Finalement, c’est entre Demi Portion et Furax Barbarossa une lettre d’amour et de respect mutuel. Clairement dit par Rachid, car tu le sais que pour lui un featuring c’est d’abord bien aimer l’homme. Quand à Furax, on s’aime, on s’aime… On se le dit pas c’est tout frère.
[ClaudeAI] Demi Portion – « La Lettre » feat. Furax Barbarossa
Le couplet de Demi Portion a la forme et le fond d’une vraie lettre — pas la lettre ouverte posée pour la galerie, mais d’un courrier entre deux hommes qui se respectent et n’ont pas besoin de performer pour se le dire. Rachid écrit depuis chez lui, avec ses plugs à l’ancienne, dans un Sud où le marché du travail ne fait pas de cadeaux. Le ton est celui d’un ami qui donne des nouvelles honnêtes : ça va, mais c’est pas fameux.
L’image du walkman sous l’eau pour évoquer la difficulté à se faire entendre dans le rap dit tout sur la patience et l’obstination que ça demande — une image simple, concrète, qui n’a pas besoin d’en faire plus. La cicatrice cachée comparée au génocide rwandais surgit sans prévenir, entre deux considérations du quotidien : c’est une façon deadiesque (?) de rappeler que derrière la surface des choses il y a toujours quelque chose de plus lourd.
La deuxième partie du couplet bascule vers l’essentiel. Prendre son temps mais c’est une course contre la montre — la tension entre l’artiste qui veut soigner son travail et l’homme qui sait que le temps passe est le vrai sujet du morceau. La plume comme trésor, le refus de se vendre, la gratitude envers Furax : Demi Portion signe sa lettre avec une clarté tranquille. Le post-scriptum final est presque plus touchant que le reste — pour lui, un featuring c’est d’abord bien aimer l’homme. Dans un game où les collaborations se calculent souvent en termes de visibilité et de streams, ça ressemble à une déclaration de principe.
La réponse de Furax Barbarossa sur « La Lettre » commence en arabe — « sabah el nour », le bonjour du matin — et pose d’emblée un registre plus sombre, plus intérieur. Sa lettre est une réponse sincère à une lettre sincère, mais Furax y amène ses propres ombres. Le monde qu’il décrit est sans couleurs, sans magie — référence directe à sa daltonisme, évoqué ailleurs dans son œuvre, qui transforme ici un détail biographique en métaphore de son rapport au monde. Loin des clashs, loin d’Ibiza, glacé blizzard : Furax n’est pas là pour faire semblant que tout va bien.
La mort qui s’approche est le centre de gravité du couplet. Quarante ans faits hier alors qu’il avait seize à peine — le temps qui s’accélère avec l’âge est une sensation universelle, mais Furax la pose avec une densité particulière. « Quand la vie reprendra son butin » dit la mort comme une créancière qui finira par récupérer ce qui lui est dû : pas de pathos, juste une lucidité froide sur l’inéluctable.
Et pourtant la conclusion remonte vers la chaleur — la madre, Ahmed, l’amitié sincère sur papier. Le dernier vers est le plus beau du morceau : « on s’aime, on s’aime, on se le dit pas c’est tout frère. » Deux hommes, deux lettres, une tendresse qui n’a pas besoin de se déguiser pour exister.
Paroles : Demi Portion – « La Lettre » feat. Furax Barbarossa via Genius
Le clip de Demi Portion – La lettre (2019) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 29 octobre 2025. Il a été mis à jour le 6 mars 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Demi Portion, Furax Barbarossa, Sheemi & Tricks.