« Tako Tsubo » est un album de L’Impératrice.
Il est sorti le 26 mars 2021.
- Anomalie bleu
- Fou
- Hécatombe
- Submarine
- L’équilibriste
- Off to the Side
- Peur de filles
- Souffle au coeur
- Tako Tsubo
- Vodoo?
- Digital Sunset
- Tombée pour la scène
- Tant d’amour perdu
Tako Tsubo x Ugo Bienvenu
L’album Tako Tsubo de L’Impératrice est le deuxième opus du groupe parisien de pop électronique, paru le 26 mars 2021 sur le label indépendant microqlima, après le succès de Matahari (2018) et avant Pulsar (2024). Sur le plan sonore et thématique, Tako Tsubo explore des textures nu-disco, funk et synthpop, articulant groove, mélodies dansantes et paroles introspectives autour de sentiments tels que l’amour, la rupture et la fragilité, ancrant l’œuvre dans une pop sophistiquée et émotionnelle.
La pochette a été conçue par l’illustrateur Ugo Bienvenu, qui y représente une interprétation des trois Moires tissant et coupant le fil de la vie, métaphore visuelle de l’émotion intense qui traverse l’album. L’esthétique graphique mêle une iconographie rétro-futuriste et narrative, faisant écho au concept du disque inspiré par le syndrome de tako-tsubo, ou « syndrome des cœurs brisés ».
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La réalisation de Tako Tsubo de L’Impératrice s’inscrit dans une période marquée par l’interruption soudaine des tournées internationales du groupe en 2020, avec plus de soixante dates annulées, dont une apparition prévue au festival Coachella. Ce contexte a contraint la formation à réorienter son travail vers l’écriture et la production en studio, approfondissant une approche plus personnelle que celle de Matahari (2018). Le titre de l’album reprend l’expression japonaise désignant le « syndrome des cœurs brisés », métaphore d’un trop-plein émotionnel qui structure l’ensemble du projet. Le groupe poursuit son ancrage dans une pop hybride mêlant influences françaises et internationales, tout en assumant une dimension introspective perceptible dans des titres comme « Hématome », « Anomalie bleue » ou « Submarine ».
La production bénéficie de collaborations notables : Neal Pogue assure une partie du travail sonore, apportant une coloration californienne affirmée, tandis que Mike Bozzi intervient au mixage, renforçant l’ouverture du disque vers une esthétique nu-disco moderne. Ces choix prolongent la volonté de s’affranchir des cadres stricts de la chanson française pour explorer des structures plus libres, où couplets et refrains se défont au profit de progressions mouvantes, comme dans « Anomalie bleue ».
La pochette, réalisée par Ugo Bienvenu, occupe une place centrale dans la conception globale de l’album. Le dessinateur y développe une vision narrative et symbolique inspirée des Moires, figures mythologiques qui tissent et tranchent le fil de l’existence, transposant visuellement la fragilité émotionnelle qui sous-tend Tako Tsubo. Cette collaboration s’inscrit dans une démarche cohérente entre identité graphique et direction musicale, renforçant la dimension conceptuelle du projet.
Tako Tsubo s’inscrit dans une esthétique mêlant pop électronique, nu-disco et influences funk, portée par la basse structurante de David Gaugué, les synthés rétro de Charles de Boisseguin et Hagni Gwon, ainsi que les lignes vocales feutrées de Flora Benguigui. Le groupe privilégie des compositions où les formes classiques s’effacent au profit de structures fluides, parfois sans refrain distinct, comme le souligne « Anomalie bleue » qui joue sur une pulsation discontinue pour traduire le motif du cœur irrégulier. L’écriture alterne français et anglais, explorant l’amour, la rupture et les décalages intimes (« Hématome », « Fou », « Voodoo? ») dans une production mêlant groove, claviers analogiques et atmosphères californiennes renforcées par l’intervention de Neal Pogue au mixage, déjà remarqué chez Outkast ou Tyler, The Creator.
L’esthétique sonore du disque se caractérise également par la coexistence de textures lumineuses et de nappes plus mélancoliques, notamment sur « Submarine » ou « Digital Sunset », composés à distance pendant la période de confinement et marqués par une approche plus introspective. Le groupe assume une hybridation entre modernité pop et héritage French Touch, proposant des arrangements où basse groovy, beats minimalistes et synthétiseurs enveloppants construisent un espace sonore cohérent.
Sur le plan visuel, l’artwork conçu par Ugo Bienvenu instaure un contrepoint graphique fort. La pochette de Tako Tsubo représente une variation autour des Moires, figures mythologiques associées au fil de la vie, traduisant symboliquement le thème du choc émotionnel au cœur de l’album. Le style du dessinateur, entre ligne claire, science-fiction rétro et narration allégorique, résonne avec les tonalités futuristes et romantiques de l’album. Cette cohérence entre design, narration et matière sonore participe à l’identité singulière de Tako Tsubo, où la dimension graphique devient une extension directe de l’univers musical.
À sa sortie, Tako Tsubo reçoit des critiques positives saluant la maturité accrue de L’Impératrice, la précision de la production et l’équilibre entre accessibilité pop et sophistication nu-disco. Plusieurs médias mettent en avant la dimension plus intime du disque et la manière dont le groupe transforme le « syndrome des cœurs brisés » en moteur narratif et musical. La promotion est marquée par un retour progressif sur scène, notamment via un concert en direct depuis le Studio 104 de Radio France en février 2021, alors que les performances en salle restaient encore limitées. L’album bénéficie également d’une visibilité internationale, prolongeant la reconnaissance acquise par le groupe avant la pandémie et confirmée par des tournées complètes en Europe et en Amérique du Nord.
Les singles « Peur des filles », « Anomalie bleue » ou « Fou » structurent la diffusion du projet. Le clip de « Peur des filles », au ton volontairement satirique, attire une forte attention médiatique par son esthétique inspirée de films de genre et son commentaire sur les stéréotypes de genre, participant à l’extension visuelle de l’univers de l’album. Sur le plan commercial, les éditions vinyles – notamment le double vinyle 180 g à ouverture gatefold – contribuent à renforcer la présence physique du projet et son attractivité auprès des collectionneur.
L’identité visuelle conçue par Ugo Bienvenu reçoit un accueil favorable pour sa cohérence avec la thématique émotionnelle du disque et pour la précision graphique de son interprétation des Moires. Le travail de l’illustrateur accompagne la communication globale autour de l’album, prolongeant les codes rétro-futuristes déjà présents dans l’imaginaire du groupe et s’intégrant naturellement dans le merchandising et les supports promotionnels.