Jabberwocky - Lunar Lane (cover art Ugo Bienvenu)
Jabberwocky - Lunar Lane (cover art Ugo Bienvenu)

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« Lunar Lane » est un album de Jabberwocky.
Il est sorti le 16 octobre 2015

  1. Maze
  2. Fog
  3. Photomaton
  4. Alastor
  5. Interlude
  6. Holding Up
  7. Dizzy Youth
  8. Pola
  9. Erratum
  10. Ignition
  11. Jeopardy
  12. Quantif

Publié en 2015 sous le label Polydor/Universal, Lunar Lane marque le premier album du trio électro-pop JabberWocky, formé à Poitiers. Le projet s’inscrit dans un moment où la scène électronique française consolide son ouverture vers la pop, entre hybridations synthétiques, production mélodique et voix invitées. Lunar Lane explore un territoire situé entre électro-pop, synth-pop et influences trip-hop, avec un soin particulier apporté à la production et au choix des collaborations vocales. Mots-clés : électro-pop, production, artwork.

La pochette illustrée par Ugo Bienvenu, au style graphique rétro-futuriste, pose une identité visuelle immédiatement reconnaissable, en cohérence avec l’imaginaire mélancolique et onirique cultivé par le groupe. L’illustration, marquée par des lignes épurées et une palette contrastée, accompagne un univers sonore mêlant pulsations électroniques, textures atmosphériques et constructions pop.

Contenu généré à l'aide de l'IA :

Genèse et contexte de création

Lunar Lane constitue l’aboutissement du parcours amorcé par JabberWocky après le succès imprévu de Photomaton, single diffusé massivement en 2013 et devenu un repère majeur de la scène électro-pop française. Les trois membres, alors étudiants en médecine à Poitiers, se retrouvent projetés dans une dynamique professionnelle qui accélère la préparation d’un EP (Pola) puis de ce premier album, conçu entre 2014 et 2015 dans un contexte de tournée et de sollicitations croissantes. Lunar Lane rassemble plusieurs titres déjà éprouvés en concert ou en formats courts – Pola, Quantif, Photomaton – tout en affirmant une écriture plus ample et cohérente à l’échelle d’un long format.

La genèse de l’album repose sur un principe moteur : inviter une voix différente sur chaque morceau. Cette méthode, revendiquée par le trio, vise à créer une série de mini-récits musicaux autonomes, portés par des interprètes capables de renouveler continuellement les couleurs sonores du projet. Les collaborations naissent de découvertes en ligne ou de rencontres fortuites, comme pour Na Kyung Lee, contactée après une reprise de Photomaton sur YouTube. Cette pluralité vocale ne rompt pas l’unité de l’ensemble : elle nourrit au contraire l’ambition d’un album conçu comme un corridor de situations émotionnelles, à la frontière de la mélancolie et de la pop lumineuse.

La production, menée sous l’égide de Polydor/Universal, s’appuie sur une esthétique électronique hybride, entre recherche mélodique immédiate et volonté d’éviter les structures trop prévisible. En parallèle, la pochette réalisée par Ugo Bienvenu joue un rôle clé dans l’identité du projet. Son approche illustrée, marquée par un trait précis et une atmosphère rétro-futuriste, s’inscrit dans la continuité du travail visuel développé autour du titre Fog, dont le clip – codirigé avec Kevin Manach – avait contribué à installer un imaginaire graphique singulier autour de JabberWocky.

Style, influences et esthétique sonore

Lunar Lane articule une électro-pop aux contours souples, nourrie d’influences synth-pop, d’éléments trip-hop et de touches électroniques plus expérimentales. La construction des morceaux repose sur un équilibre entre mélodies immédiates, pulsations cadencées et climats vaporeux, souvent associés à des progressions harmoniques simples mais expressives. Les lignes de claviers jouent un rôle central, oscillant entre motifs répétitifs et nappes plus cinématiques, comme sur Ignition, où les textures électroniques demeurent volontairement ambiguës dans leurs références temporelles. Les voix invitées, constamment renouvelées, apportent des timbres variés et modèlent les atmosphères : du chant ralenti et mélancolique de Photomaton à l’alliage voix/beat plus frontal d’Alastor, la palette vocale amplifie la diversité interne du disque tout en consolidant sa cohérence esthétique.

Le traitement rythmique privilégie des beats sobres et efficaces, parfois proches d’une électro-pop radiophonique, parfois teintés d’inflexions plus sombres ou downtempo, comme sur Fog, dont l’allure cinématographique évoque autant la pop électronique que certains codes du soundtrack contemporain. Le soin porté à la production s’exprime par une recherche de clarté sonore : chaque élément – voix, synthés, percussions – occupe un espace défini, accentuant la dimension immersive.

Réception, diffusion et impact

Lunar Lane bénéficie, dès sa sortie, d’un accueil critique favorable au sein de la presse spécialisée, qui salue autant la cohérence du projet que la variété des voix invitées. Plusieurs chroniques soulignent la capacité de JabberWocky à concilier accessibilité pop et exploration électronique, un positionnement décrit comme volontairement mouvant et refusant les catégories trop strictes.

Des titres comme Fog, Pola, Dizzy Youth ou Ignition se démarquent pour leur efficacité mélodique et leur potentiel scénique, ce dernier point étant confirmé par la tournée nationale, dont certaines dates majeures telles que la Gaîté Lyrique à Paris contribuent à renforcer la visibilité du trio. L’album, appuyé par le souvenir encore vif de Photomaton, se diffuse largement sur les radios et plateformes de streaming, où sa dimension électro-pop calibrée mais soignée favorise une écoute répétée.

Le visuel conçu par Ugo Bienvenu pour « Lunar Lane » joue un rôle notable dans cette réception. La presse et les auditeurs mentionnent régulièrement l’esthétique rétro-futuriste associée au projet, notamment grâce au clip de Fog, coréalisé avec Kevin Manach, qui ancre l’univers graphique du groupe dans une veine animée singulière. L’image devient un élément structurant de la communication, reprise sur les supports promotionnels et dans certains segments du merchandising. L’ensemble contribue à installer Lunar Lane comme un premier album identifié, doté d’un imaginaire sonore et visuel cohérent, susceptible d’accompagner l’évolution du trio sur la scène électronique française.