Il y a des soirées qui s’inscrivent d’emblée dans une histoire. Le 10 avril 2025, The Limiñanas montaient pour la première fois sur la scène de l’Olympia, salle mythique du boulevard des Capucines qui a vu défiler Brel, Piaf et les Rolling Stones. Marie et Lionel Limiñana, originaires de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, y défendaient leur neuvième album Faded, sorti le 21 février 2025 via Because Music, dans le cadre d’une tournée européenne passant également par Londres, Berlin, Amsterdam, Bruxelles et Barcelone. Une première à l’Olympia qui constituait à la fois une consécration nationale et un rendez-vous très attendu par une communauté de fans fidèles depuis plus de quinze ans.

Faded est un disque inspiré du morceau New Age du Velvet Underground, conçu comme un hommage aux actrices oubliées, à ces femmes qui ont disparu des écrans comme par enchantement, condamnées par le passage du temps. Neuvième album studio officiel du duo — sans compter les nombreuses collaborations et compilations —, il affine leur son hypnotique de psyché-garage avec l’aide de collaborateurs de premier plan : Bobby Gillespie de Primal Scream, Jon Spencer, Rover, Bertrand Belin, Emmanuelle Seigner et Pascal Comelade. Pour défendre cet album sur scène, le duo s’est entouré d’un nouveau line-up de choix : Thomas Gorman (Kill the Young) au chant, Clémence Lasme (Moodoïd, Lucie Antunes) à la basse, et Keith Streng (The Fleshtones) à la guitare.

Dans une salle comble et moite, entre fuzz, vidéos stroboscopiques et invités de luxe, le duo catalan a emmené le public dans un trip garage-rock de près de 100 minutes sans retour. Le set s’ouvre sur Spirale, plage instrumentale hypnotique tirée de Faded, avant d’enchaîner avec Prisoner of Beauty et Shout (avec Rover), deux singles du nouvel album. La présence de Bertrand Belin sur J’adore le monde soulève la salle, tout comme celle d’Emmanuelle Seigner sur Shadow People, clin d’œil à leur album de 2018. Le milieu du set plonge dans le répertoire plus ancien : Je ne suis pas très drogue, Malamore, Istanbul Is Sleepy confirment que la longévité du groupe repose sur un socle solide et cohérent.

La dimension de la performance scénique des Limiñanas, c’est aussi leur rapport assumé aux influences. La setlist intègre une cover des Cramps (TV Set), une de Suicide (Rocket USA) et, en rappel, celle du Velvet Underground (What Goes On) — les trois piliers d’un ADN rock que le groupe a toujours revendiqué sans complexe. Le concert se clôt sur Autour de chez moi, titre apaisé de Faded, qui laisse la salle dans une suspension douce après cent minutes de fuzz et d’intensité.

Le set est qualifié d’incandescent, cinématographique et hypnotique par la presse présente ce soir-là. Les commentaires recueillis auprès des spectateurs du concert et de la vidéo diffusée par Culture Box confirment cette unanimité : le groupe est décrit comme un mur de son à la Spector, envoûtant comme le Velvet Underground, avec des références assumées aux Cramps, Joy Division et au BJM. La batteuse Marie, en particulier, concentre les éloges pour sa précision et son énergie implacable. Des festivaliers européens — de Suisse, d’Allemagne, du Chili — témoignent avoir traversé plusieurs heures de route pour assister au show. Quelques voix dissidentes regrettent une évolution vers un son plus pop par rapport aux débuts, mais elles restent très minoritaires face à l’enthousiasme général.

Depuis leur découverte par un label indépendant de Chicago via MySpace en 2009, The Limiñanas ont bâti leur réputation d’abord outre-Atlantique avant de s’imposer en France, notamment grâce à leur album Malamore (2016), premier disque à figurer parmi les meilleures ventes françaises. L’Olympia 2025 en est la confirmation la plus éclatante : un groupe de Cabestany au sommet de sa trajectoire, gardiens d’un rock viscéral et intemporel, enfin chez eux sur la grande scène parisienne.

SetList de The Limiñanas @ Olympia 2025

  1. Spirale
  2. Prisoner of Beauty
  3. Shout (with Rover)
  4. J’adore le monde (with Bertrand Belin)
  5. Down Underground
  6. Je ne suis pas très drogue
  7. Malamore
  8. Salvation
  9. Shadow People (with Emmanuelle Seigner)
  10. The Gift
  11. One Blood Circle
  12. Istanbul Is Sleepy
  13. TV Set (The Cramps cover)
  14. Je m’en vais
  15. Rocket USA (Suicide cover)
  16. Je rentrais par le bois… BB
  17. Encore – El Beach
  18. Encore – What Goes On (The Velvet Underground cover)
  19. Encore – Autour de chez moi

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