Dès l’ouverture, « Stupeflip Vite !!! » plante son décor sous un ciel étoilé qui bascule en un noir et blanc granuleux, où se dresse une silhouette casquée de mailles, immobile face à une chaîne de montagnes. Le titre s’écrit en lettres tremblées, presque calligraphiées, tandis que le morceau — extrait de l’album « The Hypnoflip Invasion » (2011) — impose d’emblée son climat de conte guerrier. Très vite, le visage disparaît derrière un masque métallique aux yeux rougeoyants, puis derrière une cagoule de mailles au visage entièrement lisse, vidé de traits : le Crou n’a pas de figure propre, il se fond dans une armure collective.
Le clip se construit en collage, mêlant les images tournées pour l’occasion à des fragments d’archive empruntés au cinéma muet : bannières frappées de croix, cavaliers casqués, piques dressées vers un ciel d’orage — un vocabulaire visuel de croisade qui traverse tout le film. Des haies de fer barbelé, un arbre mort dont une branche continue de brûler, un soleil ou une fleur dessinée à l’encre reviennent comme des motifs récurrents, posant un onirisme sombre où la nature semble aussi hostile que les hommes en armure. Par instants, le rouge sang perce le noir et blanc — un poing ganté, une fumée, un symbole en croix — comme une plaie ouverte dans l’image.
Une seconde ligne visuelle vient rompre ce paysage médiéval : un fond strié, presque carcéral, où les silhouettes casquées lèvent des mains gantées de métal, prises dans un faisceau de lumière rouge qui barre le cadre comme une frontière. Cette alternance entre l’étendue désolée des ruines et des arbres, et l’enfermement de ce studio zébré, dessine la tension du morceau entre conditionnement et liberté : le corps ligoté, contraint, cherchant malgré tout à se redresser face au Destin. Les surimpressions et le grain appuyé achèvent de brouiller la frontière entre image d’archive et image tournée, fusionnant les deux temporalités en un seul flux.
Le générique de fin confirme la réalisation de Yannick Dangin-Leconte, sur une écriture et une composition de Julien Barthélémy et Stéphane Bellenger, pour une production Etic-System (2011). Il précise également que le clip intègre des extraits d' »Alexandre Nevski » de S.M. Eisenstein, expliquant la présence des bannières, des cavaliers et de l’imagerie de bataille médiévale glanée dans le film soviétique. Ce montage entre found footage historique et mise en scène contemporaine du groupe scelle l’identité visuelle de « Stupeflip Vite !!! », entre fable martiale et vertige onirique.
« Stupeflip Vite !!! » opens on a starry sky that immediately gives way to a grainy black and white, where a chainmail-hooded silhouette stands still against a mountain range. The title appears in trembling, almost hand-lettered writing, while the track — taken from the album « The Hypnoflip Invasion » (2011) — sets its warlike, fable-like mood from the very first seconds. The face quickly vanishes behind a metallic mask with glowing red eyes, then behind a chainmail hood with a featureless, blank surface: the Crou has no face of its own, it dissolves into a collective armor.
The clip is built as a collage, blending newly shot footage with fragments of silent-era archive material: banners marked with crosses, helmeted riders, spears raised against a stormy sky — a crusade-like visual vocabulary running through the whole film. Iron barbed hedges, a dead tree with one branch still on fire, an ink-drawn sun or flower recur as visual motifs, setting a dark, dreamlike tone in which nature feels just as hostile as the armored men. At times, blood-red bursts through the black and white — a gauntleted fist, smoke, a cross-shaped symbol — like an open wound cutting into the image.
A second visual thread breaks into this medieval landscape: a striped, almost carceral backdrop where the helmeted figures raise metal-gloved hands, caught in a red beam of light that cuts across the frame like a border. This back-and-forth between the desolate expanse of ruins and dead trees, and the confinement of that striped studio space, draws out the track’s tension between conditioning and freedom — a bound, constrained body still trying to stand upright against Fate. Overlapping exposures and heavy grain further blur the line between archival and freshly filmed footage, fusing both timelines into a single stream of images.
The closing credits confirm the direction by Yannick Dangin-Leconte, with writing and composition by Julien Barthélémy and Stéphane Bellenger, produced by Etic-System (2011). They also state that the clip incorporates excerpts from S.M. Eisenstein’s « Alexander Nevsky, » which accounts for the banners, riders and medieval battle imagery drawn from the Soviet film. This splicing together of historical found footage and the band’s own staging seals the visual identity of « Stupeflip Vite !!!, » somewhere between martial fable and dreamlike vertigo.
Le clip de Stupeflip – Stupeflip Vite !!! (2011) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 25 août 2026. Il a été mis à jour le 7 août 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .