Fatboy Slim signe avec « Ya Mama (Push the Tempo) », sorti en 2001, l’un des morceaux les plus frontaux de son répertoire, extrait de l’album Halfway Between the Gutter and the Stars (2000) et publié en single au format double face A avec « Song for Shelter ». Le clip qui l’accompagne, réalisé par le duo britannique Traktor, pousse la démesure jusqu’à la caricature : une créature géante à l’allure de nourrisson monstrueux, chair rose et gencives béantes, s’extirpe du décor urbain pour semer un chaos total dans une ville que rien n’avait préparée à un tel déchaînement. L’image, saturée et volontairement outrancière, assume un registre proche du film catastrophe kaiju détourné au second degré : gratte-ciels éventrés, véhicules écrasés, colonnes de fumée, hélicoptères et blindés convergeant en vain vers ce bébé titanesque qui hurle plus qu’il n’articule.
Cette figure de conditionnement inversé — l’enfance rendue incontrôlable, la fragilité muée en force de destruction pure — traverse tout le clip comme un fil conducteur. La créature n’obéit à aucune autorité, ne connaît aucune limite ; elle incarne littéralement l’énergie brute que charrie le morceau, ce tempo poussé à son maximum que le titre revendique dès son intitulé. En contrepoint, des séquences de catch mettent en scène un combattant masqué s’affrontant dans un ring cerné par une foule en délire, cette imagerie de lutte venant redoubler, sur un mode plus terrien, la logique de confrontation et de rapport de force qui structure l’ensemble des images.
Le montage alterne ainsi deux échelles de spectacle — le gigantisme urbain du monstre et l’arène resserrée du ring — sans jamais chercher la cohérence narrative classique : c’est un collage assumé, une succession de tableaux chaotiques calés sur les basses et les breaks du morceau, où la ville, la foule et les écrans de retransmission finissent par se confondre en un seul organisme spectaculaire. Rien n’y est réaliste ni cherché comme tel : le parti pris est celui de la surenchère comique et volontairement grossière, où la peur et le rire cohabitent sans distance. Le clip de Fatboy Slim ne cherche pas l’élégance visuelle mais l’impact immédiat, en miroir direct d’un morceau lui-même construit sur l’accumulation et la saturation sonore plutôt que sur la nuance — une fusion assumée entre l’excès musical et l’excès d’image, jusqu’à l’implosion finale de tout ordre urbain.
Fatboy Slim delivers, with « Ya Mama (Push the Tempo)« , released in 2001, one of the most full-throttle tracks in his catalogue, taken from the album Halfway Between the Gutter and the Stars (2000) and issued as a double A-side single alongside « Song for Shelter ». The accompanying video, directed by the British duo Traktor, pushes excess into outright caricature: a giant, monstrous infant creature, all pink flesh and gaping gums, tears itself out of the urban landscape to unleash total chaos on a city utterly unprepared for it. The imagery, saturated and deliberately over-the-top, leans into a self-aware, tongue-in-cheek take on the kaiju disaster movie: skyscrapers gutted, cars crushed flat, smoke billowing skyward, helicopters and tanks converging uselessly on this titanic baby that screams far more than it speaks.
This figure of conditioning turned inside out — infancy rendered uncontrollable, fragility flipped into pure destructive force — runs through the entire video like a connecting thread. The creature answers to no authority and recognises no limit; it literally embodies the raw energy the track itself carries, that tempo pushed to its outer edge which the title announces outright. In counterpoint, wrestling sequences show a masked fighter battling it out in a ring surrounded by a frenzied crowd, this combat imagery echoing, on a more grounded scale, the same logic of confrontation and power struggle that runs through the entire film.
The edit alternates between two scales of spectacle — the monster’s urban gigantism and the ring’s tight arena — never reaching for conventional narrative coherence: it’s a deliberate collage, a string of chaotic tableaux locked to the track’s basslines and breaks, where the city, the crowd and the broadcast screens eventually blur into a single spectacular organism. Nothing here aims for realism: the guiding logic is one of comic, deliberately crude overkill, where fear and laughter sit side by side without distance. Fatboy Slim’s video isn’t after visual elegance but immediate impact, mirroring a track itself built on accumulation and sonic overload rather than nuance — a full-on fusion of musical excess and visual excess, right up to the final implosion of all urban order.
Le clip de Fatboy Slim – Ya Mama (Push the Tempo) (2001) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 4 août 2026. Il a été mis à jour le 31 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .