Sorti en 1997, Come to Daddy d’Aphex Twin s’accompagne d’un clip signé Chris Cunningham qui a marqué durablement l’imaginaire visuel de la musique électronique. Le morceau, porté par des rythmiques agressives et des textures industrielles caractéristiques du travail de Richard D. James, trouve dans ce Director’s Cut un prolongement narratif où l’onirique bascule sans transition dans le cauchemar. Filmé en noir et blanc dans un décor de barres d’immeubles britanniques, le clip installe d’abord un cadre presque documentaire, presque banal, avant de le faire imploser.
Tout commence par une scène de rue nocturne : une vieille femme promène son chien parmi les gravats et les carcasses de téléviseurs abandonnés. L’un de ces postes, encore branché, s’anime brutalement et projette une entité, point de départ d’une contamination visuelle qui va s’étendre à tout le quartier. Surgit alors une bande d’enfants au visage grimaçant, tous porteurs du même sourire distordu — celui d’Aphex Twin lui-même, plaqué sur leurs traits comme un masque collectif. Cette horde investit les cours, les fenêtres, les recoins de l’immeuble, semant une panique diffuse chez les habitants qui assistent, impuissants, à l’effondrement de leur environnement familier. La mise en scène de Cunningham joue sur l’accumulation et la répétition, un même visage démultiplié à l’infini, jusqu’à la confrontation finale avec une figure filiforme et menaçante, une sorte de double monstrueux de la vieille femme qui a déclenché l’événement.
L’esthétique du clip épouse la logique du morceau : collage sonore chaotique d’un côté, collage visuel de saccades et de ruptures de rythme de l’autre. Le confinement du décor urbain, resserré et grillagé, contraste avec l’irruption d’une force incontrôlable qui déborde les corps et les lieux — un motif de conditionnement renversé par le surgissement du surnaturel. Come to Daddy fonctionne ainsi comme une fable urbaine grinçante, où l’innocence enfantine est retournée en menace, et où le fantastique s’immisce dans le réel le plus quotidien sans jamais l’expliquer entièrement, laissant le spectateur face à une image aussi fascinante que dérangeante.
Released in 1997, Aphex Twin’s Come to Daddy comes with a video directed by Chris Cunningham that left a lasting mark on the visual imagination of electronic music. The track, driven by the aggressive rhythms and industrial textures typical of Richard D. James’s work, finds in this Director’s Cut a narrative extension where the dreamlike tips over into nightmare without warning. Shot in black and white on a British housing estate, the video first sets up an almost documentary, almost mundane frame, before letting it implode.
It all begins with a night-time street scene: an old woman walks her dog past rubble and discarded television sets. One of these sets, still plugged in, suddenly flickers to life and projects an entity, the starting point of a visual contamination that spreads across the whole estate. A gang of children then appears, their faces twisted into the same grin — Aphex Twin’s own smile, grafted onto their features like a collective mask. This horde takes over courtyards, windows and corners of the building, spreading a creeping panic among residents who watch, powerless, as their familiar surroundings collapse. Cunningham’s direction relies on accumulation and repetition, one single face multiplied endlessly, building toward a final confrontation with a gaunt, threatening figure — a kind of monstrous double of the old woman who set the whole event in motion.
The video’s aesthetic mirrors the track’s own logic: chaotic sound collage on one side, jagged visual collage and broken rhythm on the other. The confined, fenced-in urban setting contrasts with the eruption of an uncontrollable force that overruns bodies and places — a motif of conditioning turned inside out by the sudden intrusion of the supernatural. Come to Daddy thus works as a grating urban fable, where childhood innocence is inverted into threat, and where the fantastical seeps into the most ordinary reality without ever being fully explained, leaving the viewer facing an image as fascinating as it is disturbing.
Le clip de Aphex Twin – Come to Daddy (1997) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 5 août 2026. Il a été mis à jour le 31 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .