Joker s’ouvre sur la silhouette d’un homme aux cheveux bouclés, lunettes noires, qui marche le long d’un plan d’eau immobile avant que le titre ne s’inscrive en toutes lettres sur l’horizon. Réalisé par Léonard Pétre, le clip installe d’emblée une esthétique en clair-obscur, oscillant entre couleur sourde et noir et blanc granuleux, qui colle au personnage que le morceau d’Euphonik convoque explicitement : une figure rongée par le mal-être, prisonnière d’un dédoublement intérieur entre normalité de façade et chaos intime, en écho assumé à la mythologie du Joker et de Gotham.
Cette dualité se construit visuellement par l’alternance entre deux espaces. D’un côté, un bureau aseptisé où un homme en chemise blanche travaille face à un écran, silhouette presque administrative, presque rassurante. De l’autre, des lieux à l’abandon — couloirs lépreux d’un bâtiment désaffecté, murs constellés de graffitis, pièce où une silhouette est allongée sur une table, veillée par une présence inquiétante qui évoque davantage un rituel obscur qu’un soin. Entre les deux, le même visage barbu et bouclé revient sans cesse, tantôt assis au bord d’un toit face au ciel, tantôt riant seul dans la pénombre, tantôt essuyant du sang à la commissure des lèvres.
Le montage multiplie les motifs de la chute et de la marge : un homme suspendu au-dessus du vide, un couple enlacé sur un balcon donnant sur les collines, une silhouette encapuchonnée qui erre dans un couloir taggé. La tension culmine dans une séquence où une silhouette s’embrase sur un balcon dominant la baie, image brutale et stylisée du personnage consumé par ce qu’il porte en lui — point d’orgue visuel d’une trajectoire qui ne cesse de longer la ligne entre lucidité et bascule. Le clip referme sa boucle sur le même homme, cigarette aux lèvres, contre-plongée sur une façade haussmannienne, comme si la ville elle-même surplombait sa dérive.
Porté par une réalisation qui privilégie les contre-jours, les contre-plongées et les ruines urbaines comme décor naturel d’une psyché à vif, « Joker » d’Euphonik construit ainsi un récit fragmenté où l’image traduit, sans jamais l’illustrer littéralement, la fracture intérieure que creuse le morceau.
Joker opens on the silhouette of a curly-haired man in dark sunglasses, walking along a still stretch of water before the title appears spelled out against the horizon. Directed by Léonard Pétre, the clip immediately establishes a chiaroscuro aesthetic, shifting between muted color and grainy black and white, that matches the character Euphonik’s track explicitly conjures: a figure eaten away by inner turmoil, caught between an outward normalcy and an intimate chaos, in a knowing echo of the Joker and Gotham mythology.
This duality is built visually through the alternation between two spaces. On one side, a sterile office where a man in a white shirt works at a screen, an almost administrative, almost reassuring silhouette. On the other, abandoned places — the peeling corridors of a derelict building, walls covered in graffiti, a room where a figure lies on a table watched over by an unsettling presence that suggests an obscure ritual more than any act of care. Between the two, the same bearded, curly-haired face keeps returning, sometimes sitting on the edge of a rooftop facing the sky, sometimes laughing alone in the dark, sometimes wiping blood from the corner of his mouth.
The editing multiplies images of falling and of the margins: a man hanging above the void, a couple embracing on a balcony overlooking the hills, a hooded figure wandering through a tagged corridor. The tension peaks in a sequence where a silhouette catches fire on a balcony overlooking the bay, a stark, stylized image of a character consumed by what he carries within him — the visual high point of a trajectory that keeps tracing the line between lucidity and collapse. The clip closes its loop on the same man, cigarette in hand, shot from below against a Haussmannian façade, as though the city itself were looming over his unraveling.
Carried by a direction that favors backlighting, low angles, and urban ruin as the natural setting for an exposed psyche, Euphonik’s « Joker » builds a fragmented narrative in which the image translates, without ever illustrating it literally, the inner fracture the track digs into.
Le clip de Euphonik – Joker (2022) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 1 juin 2026. Il a été mis à jour le 13 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Euphonik.