Le clip Plus loin d’Alkpote et Vald construit son univers non pas dans un décor grandiose, mais dans un appartement aux murs vert profond, saturé de pop art, de néons et de mobilier design — un huis clos coloré qui fonctionne comme un théâtre mental plus que comme un lieu réaliste. Les deux artistes y sont filmés en alternance, seuls ou ensemble, entourés d’objets récurrents : bouteilles d’alcool suspendues comme des trophées, lunettes de soleil alignées en gros plan, vêtements de marque (Givenchy) portés comme une armure. Cette accumulation d’objets de luxe compose un inventaire presque muet du statut, sans jamais verser dans le récit linéaire.
L’espace lui-même se déforme : des escaliers aux couleurs franches — jaune, violet, bleu — traversent le clip comme des motifs abstraits plus que comme de vraies circulations, filmés en plongée ou contre-plongée, donnant une sensation de vertige contrôlé. Des créatures monstrueuses, masques ou visages métamorphosés surgissent par intermittence au milieu du décor domestique, sans transition ni explication — une incursion du cauchemar dans le confort, qui rappelle le vocabulaire onirique et surréaliste propre à l’esthétique déjà identifiée sur d’autres clips du même univers.
En contrepoint de cet intérieur confiné, quelques ruptures franches : une séquence en club, lumière rouge, ambiance nocturne et sensuelle ; une moto seule au centre d’un parking souterrain vide, presque cinématographique dans son silence ; un plan aérien de falaise et de mer, bref intermède de nature brute au milieu de l’artifice. Ce basculement ponctuel vers l’extérieur agit comme une respiration, un rappel qu’il existe un dehors — sans jamais que le clip Plus loin ne s’y attarde vraiment.
Le montage alterne les deux artistes dans des tenues et postures différentes selon les séquences, sans hiérarchie claire entre eux : chacun occupe tour à tour le même espace, les mêmes objets, les mêmes creatures qui rôdent en arrière-plan. C’est cette tension entre confort matériel affiché et intrusion du grotesque, entre intérieur clos et échappées extérieures furtives, qui structure le clip Plus loin — un espace saturé, presque étouffant, que la fiction (les masques, les créatures) vient fissurer de l’intérieur plutôt que menacer depuis dehors.
The Alkpote and Vald video Plus loin builds its universe not in a grandiose setting, but inside a deep-green, pop-art-saturated apartment filled with neon and design furniture — a colorful closed space that works more like a mental theater than a realistic location. The two artists are filmed alternately, alone or together, surrounded by recurring objects: liquor bottles hung like trophies, sunglasses lined up in close-up, branded clothing (Givenchy) worn like armor. This accumulation of luxury items forms an almost silent inventory of status, never lapsing into linear narrative.
The space itself distorts: brightly colored staircases — yellow, purple, blue — run through the video more as abstract motifs than actual passageways, shot from high and low angles, producing a sense of controlled vertigo. Monstrous creatures, masks, or transformed faces intermittently erupt in the middle of the domestic set, with no transition or explanation — an intrusion of nightmare into comfort that echoes the dreamlike, surreal vocabulary already identified in other videos from the same visual world.
As a counterpoint to this confined interior, a few clean breaks: a club sequence in red light, nocturnal and sensual; a motorcycle alone in the center of an empty underground parking lot, almost cinematic in its silence; an aerial shot of a cliff and the sea, a brief interlude of raw nature amid the artifice. This occasional shift outward acts like a breath, a reminder that an outside exists — without the video ever really lingering there.
The editing alternates the two artists in different outfits and postures across sequences, with no clear hierarchy between them: each in turn occupies the same space, the same objects, the same creatures lurking in the background. It’s this tension between displayed material comfort and grotesque intrusion, between a closed interior and fleeting outward escapes, that structures the video — a saturated, almost suffocating space that fiction (the masks, the creatures) cracks from within rather than threatens from outside.