En direct — Radio Scylfe SAMEDI 03.10.2026

Réalisé par Guy Ritchie et sorti en 2001, le clip de « What It Feels Like for a Girl » accompagne le troisième single extrait de l’album Music de Madonna. Dès les premières secondes, la chanteuse apparaît en tailleur bleu marine, le geste soigné, presque cérémonial, avant de rejoindre une maison de retraite où elle recrute une résidente âgée pour ce qui ressemble à une évasion. Le clip installe d’emblée son vocabulaire : l’enfermement feutré d’un intérieur institutionnel, tapissé et vieillot, contre la promesse d’une échappée.

Le basculement survient avec le vol d’une Camaro jaune à bandes noires, point de départ d’une cavale nocturne à travers une ville américaine anonyme, entre ponts métalliques, néons de drive-in et parkings désertés. Madonna, gantée de noir, entraîne sa complice octogénaire dans une série d’actes de plus en plus transgressifs, du braquage à main armée à l’incendie volontaire, jusqu’à l’échange de la Camaro contre une Pontiac Firebird rouge, volée à son tour à un pompiste. La caméra multiplie les gros plans sur les mains, les bijoux, les regards dans les rétroviseurs et les compteurs de vitesse qui s’affolent, construisant un montage nerveux, presque un collage d’instants de rupture plutôt qu’un récit linéaire.

Des symboles ponctuent cette dérive : un tatouage « LOVED » à la nuque, un dé ou une pièce marqués « 666 » roulant sur une table turquoise, une carte d’identité manipulée par une main gantée. Ces inserts suggèrent un jeu entre identité assumée et interdits transgressés, en écho au thème du morceau sur les injonctions de genre et le poids du conditionnement social. Le clip s’achève sur l’accident de la voiture rouge, carrosserie disloquée à l’écran noir, avant le carton final « copyright 2001 Boy Toy, Inc. »

La mise en scène de Guy Ritchie, alors compagnon de l’artiste, mise sur une esthétique proche du polar britannique qu’il affectionne dans ses films : action brute, humour noir et personnages en marge. Le résultat, jugé violent par plusieurs diffuseurs, a valu à ce clip de Madonna d’être déprogrammé des heures de grande écoute par MTV, tout en restant l’un des objets les plus commentés de l’ère Music. « What It Feels Like for a Girl » y trouve une traduction visuelle radicale : la libération comme fuite en avant, jusqu’à l’implosion.

Directed by Guy Ritchie and released in 2001, the video for « What It Feels Like for a Girl » accompanies the third single from Madonna’s album Music. From the opening seconds, the singer appears in a navy-blue suit, her movements precise and almost ceremonial, before arriving at a nursing home where she recruits an elderly resident for what looks like a breakout. The video sets out its visual vocabulary right away: the muffled confinement of a dated, carpeted institutional interior, set against the promise of escape.

The turning point comes with the theft of a yellow, black-striped Camaro, launching a nocturnal getaway through an anonymous American city, past steel bridges, drive-in neon signs and empty parking lots. Black-gloved, Madonna drags her octogenarian accomplice into an escalating string of transgressions, from armed robbery to arson, before trading the Camaro for a red Pontiac Firebird stolen in turn from a gas-station attendant. The camera lingers repeatedly on hands, jewelry, eyes caught in rear-view mirrors and speedometers pushed to their limit, building a jittery montage that feels more like a collage of breaking points than a linear story.

Recurring symbols punctuate this spiral: a « LOVED » tattoo on the back of a neck, a die or coin marked « 666 » rolling across a turquoise table, an ID card handled by a gloved hand. These inserts hint at a tension between claimed identity and broken taboos, echoing the song’s own subject of gender expectations and social conditioning. The video closes on the red car’s crash, its shattered body cut to black, before the final card reading « copyright 2001 Boy Toy, Inc. »

Guy Ritchie, then the artist’s partner, steers the film toward the kind of British-crime aesthetic he favors in his own movies: raw action, dark humor and characters living on the margins. Deemed violent by several broadcasters, the result got this Madonna video pulled from MTV’s daytime rotation, while remaining one of the most talked-about visuals of the Music era. « What It Feels Like for a Girl » finds here a radical visual translation: liberation as a headlong flight, all the way to implosion.

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