CLOSE COMBINED (GLASGOW, LONDON, TOKYO – LIVE) rassemble, sur près de 68 minutes, le montage de trois performances données par Richie Hawtin en 2019 dans le cadre de sa tournée CLOSE. Publié le 20 septembre 2019 sur son propre label Plus 8 Records, ce set audiovisuel réunit seize morceaux fortement retravaillés, construits à partir de productions signées Charlotte de Witte, Mental Resonance, Ricardo Garduno, Edit Select, Kaiserdisco ou encore Cam Deas. Le principe du dispositif CLOSE, initié en 2017, consiste à filmer en gros plan les mains de Hawtin au travail, afin de rendre visible ce qui reste habituellement invisible dans un set électronique.

À l’image, CLOSE COMBINED assume pleinement ce parti pris de transparence : l’écran se fragmente en plusieurs cadres simultanés, chacun braqué sur un geste précis — doigts sur les pads d’un contrôleur, main glissant un fader, patchs branchés sur un synthétiseur modulaire, écran de laptop affichant des formes d’onde qui se superposent et se découpent. Les CDJ, la table de mixage et les machines à rythmes se succèdent au premier plan, filmés sous un éclairage scénique changeant, tour à tour rouge sang, bleu profond ou violet électrique, qui accentue le grain des surfaces métalliques et des boutons rétroéclairés.

La dramaturgie du set repose moins sur une progression narrative que sur l’enchaînement continu de textures et de motifs rythmiques, chaque titre glissant dans le suivant sans rupture nette. L’ensemble est encadré par la voix de Hawtin, ralentie et pitchée vers le grave, qui revient sur l’histoire du DJing depuis ses origines à Detroit — un procédé déjà présent dans ses mix précédents. Les acclamations du public, ponctuelles, viennent rappeler que ce montage studio reste ancré dans l’énergie de trois salles bien réelles de CLOSE COMBINED.

CLOSE COMBINED s’inscrit dans la continuité d’une démarche entamée par Hawtin avec Decks, EFX & 909 puis DE9 | Closer to the Edit : déconstruire et recomposer, sous la forme d’un collage minutieux, le matériau d’autres artistes techno. La récurrence du son âpre et acide de la TB-303 tout au long du set renoue avec ses racines minimales, tandis que le dispositif multi-caméras affirme une volonté assumée de documenter, geste par geste, un processus de mixage habituellement réduit à l’image d’un DJ silencieux derrière ses machines.

CLOSE COMBINED (GLASGOW, LONDON, TOKYO – LIVE) brings together, across nearly 68 minutes, an edit drawn from three performances Richie Hawtin gave in 2019 during his CLOSE tour. Released on 20 September 2019 on his own label Plus 8 Records, this audiovisual set gathers sixteen heavily reworked tracks built from productions by Charlotte de Witte, Mental Resonance, Ricardo Garduno, Edit Select, Kaiserdisco and Cam Deas, among others. The CLOSE concept, launched in 2017, is built around filming Hawtin’s hands in close-up as he works, making visible what usually stays hidden within an electronic live set.

On screen, CLOSE COMBINED fully commits to that transparency: the frame splits into several simultaneous panels, each trained on a specific gesture — fingers on a controller’s pads, a hand sliding a fader, patch cables plugged into a modular synthesizer, a laptop screen showing waveforms overlapping and being cut apart. CDJs, the mixer and drum machines pass across the foreground in turn, shot under shifting stage lighting — blood red, deep blue, electric purple — that sharpens the grain of metal surfaces and backlit buttons.

The set’s dramaturgy relies less on a narrative arc than on a continuous chain of textures and rhythmic motifs, each track sliding into the next without a clean break. The whole is framed by Hawtin’s own voice, slowed and pitched down, reflecting on the history of DJing since its Detroit origins — a device already present in his earlier mixes. Occasional crowd cheers remind the listener that this studio edit still stands on the energy of three real rooms used in CLOSE COMBINED.

CLOSE COMBINED continues an approach Hawtin began with Decks, EFX & 909 and DE9 | Closer to the Edit: deconstructing and recomposing other techno artists’ material into a meticulous collage. The recurring, acrid squelch of the TB-303 throughout the set ties back to his minimal roots, while the multi-camera setup asserts a clear intent to document, gesture by gesture, a mixing process usually reduced to the image of a silent DJ behind his machines.