Astropolis est le plus ancien festival de musiques électroniques encore en activité en France, né en 1995 d’une rave clandestine organisée dans un champ du Finistère-Nord. Devenu au fil des décennies un événement urbain investissant Brest et ses environs, le festival mêle techno, house, ambient et expérimentations sonores dans un esprit avant-gardiste et hédoniste. Pour sa 30ᵉ édition, tenue du 2 au 5 juillet 2026, Astropolis a proposé une programmation pensée comme un dialogue entre pionniers de la scène électronique et figures actuelles, avec pour nouveauté une scène Dub Corner sonorisée par le Sinai Sound System.
Le festival se déploie sur plusieurs jours et plusieurs sites emblématiques de Brest : ouverture en accès libre aux Ateliers des Capucins (ancienne halle industrielle de la Marine nationale reconvertie en lieu culturel), soirées en club au Cabaret Sonique (Vauban) et à l’Astroclub (La Suite), et nuit principale au Manoir de Keroual, à Guilers, qui se transforme en un vaste site en plein air réparti sur cinq scènes nichées dans la végétation. Pour ses 30 ans, cette nuit s’étend exceptionnellement sur treize heures consécutives, de 18h à 7h. Le festival se clôt traditionnellement par un after au format club. Le nombre de festivaliers réunis chaque année est rapporté de façon variable selon les sources : entre 10 000 et 30 000 personnes selon certaines estimations, environ 13 700 selon d’autres, ou encore environ 20 000 rien que sur le site principal lors de certaines éditions récentes — un écart lié en partie à la dispersion du festival sur de multiples lieux et événements.
Astropolis est fondé par Gildas Rioualen et Matthieu Guerre-Berthelot, deux étudiants brestois qui découvrent la techno au début des années 1990 aux Transmusicales de Rennes. De retour à Brest, ils fondent le collectif Sonic Crew et organisent, sous le nom des Sonics, une première rave clandestine en 1995 à Kernouës, dans un contexte très répressif à l’égard des raves (interdictions de 1993 à Amiens, circulaire Pasqua-Debré). La deuxième édition, en 1996 au Parc des expositions de Lorient, avec Jeff Mills et Laurent Garnier, marque le passage à un format officiel. De 1997 à 2000, le festival s’installe au château de Kériolet à Concarneau, où il gagne en reconnaissance internationale, avant de rejoindre le manoir de Keroual à Guilers dès 2001, puis de s’étendre à toute la ville de Brest à partir de 2003. En 2005, l’édition marquée par le dernier concert du groupe punk Bérurier Noir attire environ 20 000 personnes sur le site principal malgré une jauge prévue de 10 000, ce qui conduit l’organisation à maintenir cette jauge lors des éditions suivantes. Le concept du festival s’inspire de la Zone autonome temporaire théorisée par Hakim Bey.
Astropolis a donné naissance à plusieurs déclinaisons devenues pérennes : Astropolis Hiver, à La Carène à Brest depuis 2012 ; Astropolis Spring, rendez-vous plus intimiste au château de Kériolet (Concarneau), à la jauge volontairement limitée et à la programmation tenue secrète ; et Astropolis Fortress, au fort de la Penfeld. En 2012, le festival lance également son label, Astropolis Records. Le festival s’est engagé ces dernières années dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en son sein. L’édition 2023 a été marquée par un événement tragique documenté par la presse locale (un décès), qui a conduit les organisateurs à annoncer une nécessaire évolution du festival. Astropolis demeure aujourd’hui une référence de la scène électronique européenne et un repère culturel fort pour Brest et la Bretagne, fidèle depuis trente ans à son identité indépendante, do-it-yourself et festive.
Astropolis is the oldest still-active electronic music festival in France, born in 1995 from a clandestine rave held in a field in northern Finistère. Over the decades it grew into an urban event spreading across Brest and its surroundings, blending techno, house, ambient and experimental sound within an avant-garde, hedonistic spirit. For its 30th edition, held from 2 to 5 July 2026, Astropolis offered a lineup designed as a dialogue between pioneers of the electronic scene and current figures, with a new Dub Corner stage powered by the Sinai Sound System as its main novelty.
The festival unfolds across several days and iconic sites in Brest: a free opening at the Ateliers des Capucins (a former Navy industrial hall converted into a cultural venue), club nights at the Cabaret Sonique (Vauban) and the Astroclub (La Suite), and a main night at the Manoir de Keroual in Guilers, which turns into a vast open-air site spread across five stages nestled in greenery. For its 30th anniversary, this night exceptionally runs for thirteen consecutive hours, from 6pm to 7am. The festival traditionally closes with a club-format after-party. The number of festivalgoers gathered each year is reported inconsistently across sources: between 10,000 and 30,000 according to some estimates, around 13,700 according to others, or around 20,000 on the main site alone in certain recent editions — a discrepancy partly explained by the festival’s spread across multiple venues and events.
Astropolis was founded by Gildas Rioualen and Matthieu Guerre-Berthelot, two students from Brest who discovered techno in the early 1990s at the Rennes Transmusicales. Back in Brest, they formed the Sonic Crew collective and, under the name Sonics, organised a first clandestine rave in 1995 at Kernouës, in a highly repressive context toward raves (the 1993 Amiens bans, the Pasqua-Debré circular). The second edition, in 1996 at the Parc des Expositions in Lorient, featuring Jeff Mills and Laurent Garnier, marked the shift to an official format. From 1997 to 2000, the festival settled at the Château de Kériolet in Concarneau, where it gained international recognition, before moving to the Manoir de Keroual in Guilers from 2001 onward, then expanding across the whole city of Brest from 2003. In 2005, the edition marked by the final concert of punk band Bérurier Noir drew around 20,000 people to the main site despite a planned capacity of 10,000, leading organisers to maintain that capacity in subsequent editions. The festival’s concept draws on Hakim Bey’s Temporary Autonomous Zone.
Astropolis has spawned several lasting spin-offs: Astropolis Hiver, at La Carène in Brest since 2012; Astropolis Spring, a more intimate gathering at the Château de Kériolet (Concarneau) with a deliberately limited capacity and an undisclosed lineup; and Astropolis Fortress, at the Fort de la Penfeld. In 2012, the festival also launched its own label, Astropolis Records. In recent years the festival has taken steps against sexual and gender-based violence within its events. The 2023 edition was marked by a tragic event reported in the local press (a death), which led organisers to state that the festival would likely need to evolve. Astropolis remains today a benchmark of the European electronic scene and a strong cultural landmark for Brest and Brittany, staying true after thirty years to its independent, do-it-yourself and festive identity.