Il y a, dans « Voraces », une matière brute qui refuse la couleur pour mieux dire la faim. Souffrance et Vald s’y avancent dans un noir et blanc granuleux, presque argentique, où chaque visage devient masque et chaque masque devient aveu. L’image tremble, se dédouble, se superpose à elle-même comme une mémoire qui n’arrive plus à choisir sa version des faits — collage de plans qui se répondent, se contredisent, se dévorent. Un crâne animal, cornes tendues vers le vide, revient hanter le cadre : totem silencieux, relique d’un sacrifice ancien, rappel que sous la ville et ses artifices subsiste une loi plus vieille, plus carnassière.

Les décors de Voraces se resserrent — pièces exiguës, reflets de miroirs fêlés, mains qui cherchent une prise sur un réel qui se dérobe — et cette étroiteur devient le théâtre d’un enfermement qui n’est pas seulement physique : c’est celui de deux artistes pris dans l’engrenage de leur propre légende, condamnés à rejouer, image après image, la scène de leur propre dévoration. Par instants, une teinte rouge sourd de la grisaille, comme une blessure qui refuse de cicatriser sous le noir et blanc : le sang de la voracité, celui qu’on cache mais qui affleure toujours.

Les visages, dans Voraces filmés au plus près, en gros plan quasi clinique, disent l’épuisement autant que la rage — une intensité qui frôle la transe, un onirisme âpre où le rêve tourne au cauchemar sans prévenir. Rien n’est stable : les plans se fracturent, le réel et le fantasme fusionnent en une seule matière trouble, et l’on ne sait plus si l’on regarde un clip ou une hallucination collective. C’est là toute la force de cette collaboration : elle ne raconte pas une histoire linéaire, elle impose un climat, une sensation de faim jamais rassasiée, un Destin qui broie ses deux interprètes autant qu’il les révèle. « Voraces » ne cherche pas la beauté facile ; il cherche la vérité d’un appétit qui dévore tout — les corps, les images, le temps lui-même — et qui, à la fin, ne laisse derrière lui que le silence granuleux d’un noir et blanc épuisé.

There is, in « Voraces, » a raw material that refuses color the better to speak of hunger. Souffrance and Vald move through a grainy, almost silver-nitrate black and white, where every face becomes a mask and every mask becomes a confession. The image trembles, doubles itself, layers over itself like a memory that can no longer settle on its own version of events — a collage of shots that answer each other, contradict each other, devour each other. An animal skull, horns straining toward the void, keeps returning to haunt the frame: a silent totem, the relic of some ancient sacrifice, a reminder that beneath the city and its artifice an older, more carnivorous law persists.

The settings in Voraces draw inward — cramped rooms, the reflections of cracked mirrors, hands searching for a grip on a reality that keeps slipping away — and this narrowness becomes the stage for a confinement that isn’t only physical: it is that of two artists caught in the machinery of their own legend, condemned to replay, frame after frame, the scene of their own devouring. At moments, a red tint bleeds through the grayscale, like a wound refusing to close beneath the black and white: the blood of voracity, the kind one hides but that always surfaces.

The faces in Voraces, filmed in near-clinical close-up, speak of exhaustion as much as rage — an intensity bordering on trance, a harsh dreamlike state where the dream tips into nightmare without warning. Nothing holds still: the shots fracture, the real and the imagined fuse into a single murky substance, and one is no longer sure whether one is watching a music video or a collective hallucination. Therein lies the strength of this collaboration: it tells no linear story, it imposes a climate, a sensation of hunger that is never sated, a Fate that grinds down its two performers even as it reveals them. « Voraces » does not seek easy beauty; it seeks the truth of an appetite that devours everything — bodies, images, time itself — and that, in the end, leaves behind nothing but the grainy silence of an exhausted black and white.

Le clip de Souffrance – Voraces (2023) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 25 juin 2026. Il a été mis à jour le 13 juillet 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec Souffrance, Tanguy Courtier, TonyToxik, Vald.