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En 2000, Fiona Apple dévoile le clip de « Limp », second single extrait de son album When the Pawn…, réalisé par Paul Thomas Anderson, alors son compagnon et déjà auteur des clips de « Fast As You Can » et de sa reprise d’« Across the Universe ». Le film s’ouvre sur une chambre plongée dans une lumière chaude et tamisée, avant de basculer dans un bleu nocturne et froid qui enveloppe le reste du récit. Cette bascule chromatique installe d’emblée un climat onirique, celui d’une maison traversée la nuit comme on traverse un rêve dont on ne maîtrise ni les pièces ni l’issue.

Vêtue d’une nuisette blanche, Fiona Apple erre à travers les couloirs, ouvre un dressing où les vêtements suspendus se découpent en ombres chinoises, s’arrête devant un miroir pour appliquer un rouge à lèvres écarlate en se fixant elle-même comme une étrangère. Un homme au crâne rasé, en robe de chambre, surgit dans cette même penderie, le geste tendu, la posture accusatrice, incarnation d’une tension conjugale qui affleure sans jamais s’expliquer frontalement. L’escalier orné de guirlandes lumineuses, qu’elle descend et remonte à plusieurs reprises, fonctionne comme un axe de circulation entre ces états contradictoires, entre confinement domestique et tentative de fuite.

Le récit se prolonge dans une bibliothèque cossue aux boiseries sombres et à la cheminée allumée, où une table ronde accueille un puzzle en cours d’assemblage : les pièces s’organisent peu à peu jusqu’à révéler un portrait peint de l’artiste elle-même, mise en abyme qui redouble le motif du reflet entamé devant le miroir. Un poste de télévision, dans une pièce aux canapés rouge sombre, diffuse tour à tour son propre visage en gros plan et celui de l’homme au crâne rasé, filmé devant un rideau fleuri, comme un message adressé depuis un autre espace-temps. Elle finit par s’allonger sur le canapé, enroulée dans une couverture bleu-gris, dans une position de repli presque fœtal.

La dernière partie du clip renverse cette passivité : gros plan sur un œil, flammes de la cheminée, silhouette debout entre des portraits encadrés dans une alcôve bleutée, puis basculement vers une lumière rouge saturée où Fiona Apple chante droit dans l’objectif, la bouche grande ouverte, avant d’apparaître en débardeur blanc, cheveux fouettant l’image dans un mouvement libéré. Ce collage de séquences nocturnes, entre sommeil contraint et sursaut de vitalité, dessine une dramaturgie du corps qui cherche à se déprendre de la maison qui le retient, en écho direct à la tension entre repli et affirmation qui traverse « Limp ».

In 2000, Fiona Apple unveiled the video for « Limp, » the second single from her album When the Pawn…, directed by Paul Thomas Anderson, then her partner and already the director behind the clips for « Fast As You Can » and her cover of « Across the Universe. » The film opens on a bedroom bathed in warm, dim light before shifting into a cold nocturnal blue that envelops the rest of the narrative. This chromatic shift immediately establishes a dreamlike climate, that of a house wandered through at night the way one wanders through a dream whose rooms and outcome cannot be controlled.

Dressed in a white slip, Fiona Apple drifts through the corridors, opens a closet where hanging clothes cut silhouettes against the light, and pauses before a mirror to apply scarlet lipstick while staring at herself as though at a stranger. A shaven-headed man in a bathrobe bursts into that same closet, his gesture tense, his posture accusatory, embodying a marital tension that surfaces without ever being explained head-on. The staircase strung with fairy lights, which she climbs and descends repeatedly, functions as an axis of circulation between these contradictory states, between domestic confinement and an attempt at escape.

The narrative continues in an opulent library with dark wood paneling and a lit fireplace, where a round table holds a puzzle being assembled: the pieces gradually come together to reveal a painted portrait of the artist herself, a mise en abyme that doubles the motif of the reflection begun at the mirror. A television set, in a room with dark red sofas, alternately broadcasts her own face in close-up and that of the shaven-headed man, filmed against floral curtains, like a message sent from another space and time. She eventually lies down on the sofa, wrapped in a blue-gray blanket, in an almost fetal, withdrawn position.

The final part of the clip reverses this passivity: a close-up of an eye, flames from the fireplace, a figure standing between framed portraits in a bluish alcove, then a shift into saturated red light where Fiona Apple sings straight into the camera, mouth wide open, before appearing in a white tank top, hair whipping through the frame in a liberated movement. This collage of nocturnal sequences, between constrained sleep and a surge of vitality, sketches out a bodily drama seeking to break free of the house that holds it, echoing directly the tension between withdrawal and self-assertion running through « Limp. »

Le clip de Fiona Apple – Limp (2000) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 1 septembre 2026. Il a été mis à jour le 30 août 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .

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