Elektrobank de Spike Jonze ouvre sur une scène de solitude : dans un vestiaire vide, baigné d’une lumière blanche et diffuse, une jeune gymnaste en survêtement bleu et blanc se prépare, seule, avant de rejoindre le gymnase où se tient une compétition scolaire. The Chemical Brothers construisent avec « Elektrobank », extrait de l’album Dig Your Own Hole (1997), un climat de tension contenue que Spike Jonze traduit à l’image par un dispositif quasi documentaire, filmé caméra à l’épaule au cœur d’un vrai concours de gymnastique.
L’héroïne, incarnée par Sofia Coppola, enchaîne les épreuves — sol, ruban de gymnastique rythmique, poutre — sous le regard d’un jury sévère et d’un entraîneur incarné par Kip Waldo. Le montage alterne les scores affichés en direct (9,6 puis 9,70), les visages tendus des concurrentes et les réactions du public, jusqu’à ce moment de bascule où la mise en scène quitte le réalisme sportif : une gymnaste reste suspendue en apesanteur au-dessus du tapis, comme figée hors du temps, tandis que les sauts et les vrilles s’enchaînent en une succession de plans qui confondent performance athlétique et envol. Cette rupture onirique, discrète mais assumée, est la signature de Jonze : transformer un geste sportif filmé presque comme un document en une expérience suspendue, hallucinée, en phase avec les nappes électroniques et les breakbeats du morceau.
La tension retombe sur une note de triomphe et de mélancolie mêlées : l’héroïne obtient son score, célèbre sa victoire dans les bras de son entraîneur, avant qu’un dernier mouvement de caméra ne glisse sur une vitrine de trophées et de photographies anciennes — suggérant que cet instant de gloire individuelle n’est qu’un trophée de plus parmi d’autres, une victoire qui s’inscrit déjà dans le temps qui passe. Ce glissement final, entre fierté et fatalité douce, résonne avec l’esthétique de collage et de mémoire que Jonze développera dans plusieurs de ses vidéoclips, et confère à « Elektrobank » une dimension quasi cinématographique, saluée comme l’une des plus abouties de sa filmographie de réalisateur de clips.
Spike Jonze’s video for « Elektrobank » opens on a moment of solitude: in an empty locker room bathed in soft, diffuse white light, a young gymnast in a blue-and-white tracksuit prepares alone before heading into the gymnasium, where a school competition is underway. Built around « Elektrobank, » taken from The Chemical Brothers’ album Dig Your Own Hole (1997), the track’s contained tension is translated visually by Jonze through an almost documentary approach, shot handheld inside a real gymnastics meet.
The heroine, played by Sofia Coppola, moves through the events — floor, rhythmic ribbon routine, beam — under the eye of a stern judging panel and a coach played by Kip Waldo. The editing cuts between live scores flashing up (9.6, then 9.70), the tense faces of the competitors, and the crowd’s reactions, until the moment the staging steps outside sporting realism altogether: a gymnast is left hanging weightless above the mat, as if frozen out of time, while flips and twists blur together into a string of shots that merge athletic performance with flight. That quiet but deliberate dreamlike break is Jonze’s signature — turning a sporting gesture, shot almost like reportage, into a suspended, hallucinatory experience that mirrors the track’s electronic layers and breakbeats.
The tension resolves into a note of triumph shot through with melancholy: the heroine gets her score and celebrates in her coach’s arms, before a final camera move drifts across a cabinet of trophies and old photographs — suggesting this moment of individual glory is just one more trophy among many, a victory already folding itself into the passage of time. That closing shift, somewhere between pride and quiet fatalism, echoes the collage-and-memory aesthetic Jonze would go on to develop across several of his music videos, and gives « Elektrobank » a near-cinematic quality that has led many to call it one of his finest works as a music-video director.
Le clip de The Chemical Brothers – Elektrobank (1997) a été ajouté à la base de donnée de scylfe le 16 septembre 2026. Il a été mis à jour le 18 septembre 2026 et classifié comme faisant partie du Hub . En plus de cela, il a également été classifié avec .