En 1997, Foo Fighters publient « Everlong », second single de l’album The Colour and the Shape, dont le clip est confié à Michel Gondry. Le réalisateur construit un film onirique et volontairement chaotique : deux rêves parallèles s’y répondent en collage, empruntant leur imagerie au cinéma d’horreur et aux teen movies des années 1950-1980, jusqu’à faire basculer le morceau lui-même dans la fiction.
Dave Grohl s’endort dans son lit et se rêve en meneur punk à crête, blouson clouté frappé d’un cercle anarchiste, plongé dans une fête de banlieue peuplée de « teddy boys » en vestes à carreaux. La soirée, d’abord festive, dérape en affrontement quasi burlesque : bousculades, coups portés à la chaîne, corps qui s’effondrent sur les pelouses dans une lumière rouge et verte saturée, comme si le film citait ouvertement les codes du slasher.
En parallèle, Taylor Hawkins rêve qu’il est un adolescent en pull rayé, prisonnier d’une cabane forestière traitée dans une dominante bleu-vert délavée qui cite frontalement Evil Dead. Ligoté sur une chaise, encerclé par une vieille femme et par le même homme en veste rouge croisé dans l’autre rêve, il tente d’échapper à une menace qui prend la forme d’une main griffue surgissant à travers une fenêtre. Un téléphone à cadran, montré en gros plan à plusieurs reprises, sert de motif de jonction entre les deux histoires, comme un signal qui relierait, sans jamais vraiment les réunir, les deux dormeurs.
Les deux cauchemars s’intensifient en parallèle, ponctués de visages qui hurlent en gros plan et de bascules brutales entre couleur et noir et blanc, jusqu’à ce que Grohl et Hawkins se réveillent en sursaut dans leurs lits respectifs. Le clip d’Everlong bascule alors dans le réel : le groupe au complet apparaît en pleine performance, filmé caméra à l’épaule dans des éclairages rouges, bleus et verts très saturés, avant que l’image ne se dissolve en surimpressions floues et en artefacts chromatiques, jusqu’au noir final. Cette sortie du rêve vers la performance concrète referme le collage sur lui-même, en écho à l’énergie continue et sans relâche de la chanson.
In 1997, Foo Fighters released « Everlong, » the second single from the album The Colour and the Shape, with the video directed by Michel Gondry. The director builds a deliberately chaotic, dreamlike film: two parallel nightmares answer each other in collage form, borrowing their imagery from horror cinema and teen movies spanning the 1950s to the 1980s, until the song itself tips over into fiction.
Dave Grohl falls asleep in his bed and dreams himself as a mohawked punk ringleader, studded jacket stamped with an anarchist circle, thrown into a suburban house party crowded with checkered-jacket « teddy boys. » What starts as a celebration spirals into near-slapstick confrontation: shoving, chain-swung blows, bodies collapsing across front lawns under saturated red and green lighting, as if the film were openly quoting slasher-movie conventions.
At the same time, Taylor Hawkins dreams he is a teenager in a striped sweater, trapped in a forest cabin rendered in a washed-out blue-green palette that directly references The Evil Dead. Tied to a chair, surrounded by an old woman and by the same red-jacketed man glimpsed in the other dream, he tries to escape a threat embodied by a clawed hand bursting through a window. A rotary telephone, shown repeatedly in close-up, acts as a connecting motif between the two storylines — a signal linking the two sleepers without ever truly bringing them together.
Both nightmares escalate in parallel, punctuated by screaming faces in tight close-up and abrupt shifts between colour and black-and-white, until Grohl and Hawkins jolt awake in their respective beds. The Everlong video then breaks into reality: the full band appears mid-performance, shot handheld under intensely saturated red, blue and green lighting, before the image dissolves into blurred double exposures and chromatic artefacts, fading to black. This escape from dream into live performance closes the collage in on itself, echoing the song’s relentless, unbroken energy.